La colchicine relocalisée
Yonne. Jusqu’ici opérée en Europe de l’Est, le laboratoire français Mayoly a choisi Auxerre pour relocaliser la production de la colchicine. En s’appuyant sur le façonnier pharmaceutique Galien, le groupe investit 2,5 M€ dans un projet industriel.
L’usine Galien d’Auxerre s’apprête à devenir un maillon important de la souveraineté sanitaire française. Le groupe pharmaceutique français Mayoly a officiellement inauguré, ce mardi 23 juin, les nouvelles lignes de production dédiées à la fabrication de la colchicine sur le site icaunais. Utilisé dans le traitement de la goutte, de la fièvre méditerranéenne familiale ou encore de la maladie de Behçet, ce médicament est considéré comme stratégique par les autorités de santé.
Cette relocalisation intervient dans un contexte particulier. Jusqu’à présent, la fabrication reposait sur un sous-traitant implanté en Europe de l’Est. Face à l’arrêt de cette collaboration, Mayoly a fait le choix de rapatrier sa production en France afin de reprendre le contrôle de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et de sécuriser l’accès à ce traitement pour les patients. Unique fabricant-distributeur de colchicine en France, le laboratoire estime que près de 600 000 patients sont concernés par ce médicament, classé à la fois Médicament d’Intérêt thérapeutique majeur et Médicament stratégique d’intérêt sanitaire et industriel.
Trois millions de boîtes
Au-delà de l’enjeu sanitaire, le projet constitue également une opération de réindustrialisation. Mayoly mobilise 2,5 M€ pour transférer cette production en Bourgogne Franche-Comté, malgré des coûts de fabrication supérieurs à ceux observés à l’étranger. De son côté, Galien investit 500 000 € pour accroître ses capacités de conditionnement et accompagner la montée en puissance du site. À terme, l’usine auxerroise pourra produire jusqu’à trois millions de boîtes de colchicine par an, destinées au marché français mais également à l’export. Les premières étapes consisteront désormais à réaliser les lots de validation industrielle et les études de stabilité nécessaires à l’obtention des autorisations réglementaires. Le dépôt du dossier auprès des autorités sanitaires est prévu d’ici la fin de l’année, avec une commercialisation des premiers lots à partir de mi-2027.
Pour les acteurs du projet, cette relocalisation dépasse la seule question du médicament. Elle participe au développement de compétences industrielles à forte valeur ajoutée et conforte le positionnement de la Bourgogne Franche-Comté dans les industries de santé. Présent lors de l’inauguration, le président de région Jérôme Durain a ainsi salué un projet qui fait d’Auxerre « un maillon de la souveraineté sanitaire française ».