« La diplomatie est le service public de la France à l’international »
Côte-d’Or. L’ambassadeur de France au Togo était à Dijon dans le cadre de DiploNation, dispositif destiné à faire connaître les missions et les métiers du ministère des Affaires étrangères.
Un ambassadeur de France au Togo - pays d’Afrique de l’Ouest de presque 57.000 km2 et 9 millions d’habitants, étiré entre le Ghana et le Bénin -, déambulant au milieu des machines-outils de l’entreprise Vernet Behringer à Dijon : voilà l’image peu banale offerte par le diplomate Augustin Favereau à l’occasion de son passage en Côte-d’Or dans le cadre de DiploNation. Ce dispositif du ministère des Affaires étrangères vise à faire connaître les métiers du Quai d’Orsay au-delà de la diplomatie inter-État et notamment vis-à-vis des régions.
Cette « diplomatie des territoires » est « une partie très importante de notre job, affirme Augustin Favereau. On a souvent tendance à penser que la diplomatie ne concerne que les relations d’État à État, les chancelleries, la paix, la sécurité… cette visite sert aussi à expliquer à quoi sert une ambassade et notamment dans les régions. Je me suis porté volontaire parce que je crois beaucoup à ça : la diplomatie, c’est le service public de la France à l’international. Notre idée c’est d’être un bon service public, notamment pour les entreprises ».
Dans un pays comme le Togo, premier port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest (le secteur maritime et portuaire représente quasiment les 2/3 du PIB qui s’élève à 9 Mds €), où l’activité économique est incarnée par la présence de la Chine, de l’Inde, de la Turquie ou Israël, l’enjeu d’avenir est celui de « la transformation, explique Augustin Favereau. C’est-à-dire passer d’une économie de la matière première à une économie industrielle et agricole de la transformation ». Notre pays a donc incontestablement des atouts à faire valoir, mais la présence française dans cet État, ancienne colonie qui a acquis son indépendance totale en 1960, est encore timide comparé au dynamisme français en Côte-d’Ivoire ou au Bénin ; le Togo, moins visible que ses voisins, est donc riche d’opportunités à faire connaître aux entreprises françaises.
Marché porteur méconnu
Du côté de Vernet Behringer, on approuve : le spécialiste de la machine-outil (ses clients : des charpentiers métalliques, des fabricants de pylônes ou encore des concepteurs d’équipements spéciaux), travaille avec une cinquantaine de pays, mais reconnaît son président Pascal Denis, l’Afrique de l’Ouest un marché qui nécessiterait d’être davantage travaillé : « On a quelques machines à Abidjan. Et par le fait qu’un certain nombre de mes clients français commencent à se projeter en Afrique subsaharienne, mes machines y arrivent par filialisation. C’est évidemment un marché sur lequel il faut qu’on prenne pied ou qu’on reprenne pied ». Reconnue parmi les cinq meilleurs mondiaux pour la qualité de ses machines, l’entreprise a particulièrement éveillé l’intérêt d’Augustin Favereau quant à son expertise dans le secteur de la fabrication des pylônes électriques, alors que l’acheminement de l’énergie est un enjeu structurant au Togo. Si le pays accueille un jour des éléments usinés par une machine dijonnaise, ce sera peut-être au « service public de la France à l’international » qu’il le devra...