La préfète aux champs
Côte-d’Or. Violaine Démaret, préfète de Côte-d’Or, a mis l’agriculture au coeur de ses priorités. Une volonté traduite sur l’exploitation Agro DFG à Saint-Julien pour rencontrer des acteurs de la filière et échanger sur leurs problématiques.
« Les dégâts de la faune sauvage, cervidés et sangliers, représentent 2 000 hectares rasés en Côte-d’Or chaque année et coûtent 2 M€. Ce chiffre est en augmentation », a souligné un agriculteur en s’adressant à Violaine Démaret, préfète de Bourgogne Franche-Comté et de Côte-d’Or. Désireux que la représentante de l’État prenne contact avec les chasseurs pour initier des solutions, les exploitants présents ont évoqué de nombreuses autres problématiques qui pèsent sur leur activité au quotidien.
La préfète s’est montrée à leur écoute alors qu’au moment de son installation, elle avait fait part de son souhait de rencontrer la filière agricole. Les professionnels de la viticulture ont mis en lumière les prix des fermages, deuxième charge derrière les dépenses de personnel avec 20 à 30 % de leur chiffre d’affaires. Des céréaliers ont quant à eux pointé du doigt le prix des énergies et du carburant, passé de 60 centimes à 1,30 € du litre de gazole non routier en peu de temps en raison du conflit au Moyen-Orient. « Nos exploitations consomment 60 000 litres par an. L’impact est donc conséquent et même si l’État nous a donné 15 centimes, ça ne fait pas la balle. Il faudrait d’autres leviers pour redonner du pouvoir d’achat comme la suspension temporaire des CEE », ont-ils suggéré.
Des actions concrètes
« Les agriculteurs n’ont pas besoin de longs discours mais qu’on les écoute et que l’on agisse. Nous devons traduire les paroles en actes », a insisté Violaine Démaret. Sur la question de l’eau, thématique prédominante, la préfète ne souhaite pas opposer agriculture et environnement. Elle entend accompagner la filière dans ses besoins pour l’irrigation ou les élevages afin de sécuriser l’agriculture et penser à la rentabilité des exploitations, tout en préservant la ressource. « Les agriculteurs sont au chevet de l’environnement puisqu’ils travaillent la terre et les sols. » Aux côtés de Jacques De Loisy, président de la chambre d’agriculture de Côte-d’Or et ardent défenseur de la réinstallation d’étangs, la préfète s’est montrée favorable à leur présence. « Nous devons accélérer la création de ces réserves d’eau. Le département s’est montré précurseur dans ses réflexions pour les mutualiser avec les services d’incendie et de secours. » Une dizaine de projets est actuellement à l’étude.
Outre la politique agricole commune ou encore les enjeux de transmission dans un département qui ne compte que 70 à 80 nouvelles installations par an, les agriculteurs ont évoqué la tuberculose bovine. « Nous allons reprendre chaque point. Sur ce sujet, je me suis engagée à regarder l’impact des blaireaux sur la dissémination de la maladie avec ceux qui maîtrisent le sujet. » Au registre des énergies renouvelables, Violaine Démaret a entendu les inquiétudes des agriculteurs qui investissent mais qui rencontrent des problèmes de raccordement et prévoit de travailler sur le sujet avec les opérateurs concernés.
Autre frein à l’activité que les exploitants ont souhaité souligner, la nécessaire simplification administrative. « Simplifier, c’est parfois compliqué mais il faut le faire. Les normes servent toutefois à sécuriser ou soutenir l’agriculture. La simplification est à notre portée. Nous devons faire localement ce qui relève de notre travail et faire remonter les propositions pertinentes. » En toile de fond aux différentes difficultés énumérées par les agriculteurs, la préfète a rappelé l’importance d’accélérer les projets agricoles et d’appuyer la profession pour répondre aux exigences gouvernementales.