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92e année

«  La reprise économique est au rendez-vous  !  »

Économie. Le 3 septembre 2020, le Premier ministre Jean Castex annonçait le déploiement d’un plan de relance hors norme de 100 milliards d’euros pour relancer l’économie du pays en pleine crise sanitaire. Un an après, l’heure est au bilan... Un bilan pour le moins positif selon le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté, confiant qu’un nouveau plan de soutien à l’investissement était en cours d’élaboration dans les arcanes de l’État.

« Après l’indispensable sauvegarde, la consolidation et l’offensive. C’est le plan de relance. Une ambition et une ampleur historique  : 100 milliards. [...] C’est le montant nécessaire pour retrouver dès 2022 notre niveau de richesse d’avant la crise  », annonçait le Premier ministre Jean Castex, le 3 septembre 2020.

Objectif atteint et ce même avec quelques mois d’avance, comme l’a affirmé le chef du gouvernement dans son discours de clôture du Conseil national de l’industrie, le 6 septembre 2021  : «  La situation économique et sociale est en voie d’amélioration. Disons même que de nombreux indicateurs sont très favorablement orientés. Après l’excellent résultat du second trimestre 2021, nous pouvons espérer une croissance cette année autour de + 6 %, si bien que le taux de chômage est d’ores et déjà revenu à son niveau d’avant-crise, quand là aussi les prévisions nous l’annonçaient au mieux à la fin de l’année 2022.  »

Le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et de la Côte-d’Or, Fabien Sudry. JDP

«  Le plan de relance n’est pas pour rien dans la reprise de l’activité, mais il n’aurait pas eu la même dimension s’il n’y avait pas eu toutes ces mesures d’urgence déployées au préalable  », estime Fabien Sudry. C’est en compagnie de Natacha Vieille, sous-préfète à la relance, que le préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et de la Côte-d’Or nous a reçu dans son bureau pour dresser un bilan du déploiement de France relance en Bourgogne Franche-Comté et évoquer l’avenir, après cette première année écoulée.

«  Au bout d’un an, ce que l’on peut dire, c’est que l’État a engagé dans le cadre du plan de relance 1,7 milliard d’euros en Bourgogne Franche-Comté, sans le Ségur de la santé, pour les acteurs économiques, les collectivités et les associations  », dévoile-t-il avant de développer  : «  La dimension économique est très présente... Tous domaines d’activité confondus, 721 projets d’investissements industriels ont été soutenus sur la région pour un engagement de l’État de 205 millions d’euros. Avec la baisse des impôts de production qui a concerné 29.659 entreprises pour 355 millions d’euros, ces deux mesures représentent à elles seules plus d’un demi-milliard d’euros de fonds publics, soit un tiers de ce que nous avons engagés en région.  »

Au-delà même des chiffres, le préfet se félicite de la dimension territoriale de France relance et affirme que les mesures de ce plan touchent tous les territoires de la région, urbains comme ruraux. Enfin, le représentant de l’État en région souhaite ne pas occulter la dimension sociale. «  L’État a notamment mis 29 millions d’euros pour abonder le pacte régional d’investissement dans les compétences (Pric) en Bourgogne Franche-Comté. Sans oublier toute la palette de mesures permettant de faciliter l’insertion des jeunes... Depuis le début de France relance, nous estimons que 40.000 jeunes ont pu bénéficier d’un soutien de l’État pour favoriser leur insertion.   »

Un chômage et des défaillances d’entreprises au plus bas

En Bourgogne Franche-Comté, le constat est le même que dans le reste de la France. Si le taux de chômage a retrouvé son niveau d’avant-crise, avec 6,8 % il est même nettement inférieur au niveau national (8 %). «  Dans certains départements de la région, nous avons même des taux de chômage qui avoisinent les 6 %, comme en Côte-d’Or, voire même inférieur à 6 % comme dans le Jura  », observe non sans une certaine fierté Fabien Sudry. Toutefois, si le chômage baisse chez les jeunes, le préfet émet une attention particulière aux chômeurs de longue durée et aux bénéficiaires du RSA qui eux augmentent.

Parmi les autres indicateurs de reprise, le préfet souligne que les défaillances d’entreprises ont rarement été aussi basses dans la région  : «  Pendant quelques mois, nous avons entendu dire que le début de l’été allait être terrible et redoutable, après nous avons dit que ça allait être difficile à la rentrée... ce n’est finalement pas le cas, ce qui signifie que les entreprises ont traversé la crise en gardant leurs compétences et une bonne partie de leurs capacités. Elles sont donc maintenant plus à même de profiter du contexte de reprise favorisée par l’espoir de la vaccination qui atténue la crise sanitaire. »

Enfin, les offres d’emploi sont supérieures sur le premier semestre 2021 par rapport au premier semestre 2020 mais aussi par rapport au premier semestre 2019. «  La progression des offres d’emploi génère d’ailleurs actuellement des tensions sur le marché du travail... c’est bien le signe qu’il y a une reprise de l’activité économique  !   », conclut-il.

Un nouveau plan de soutien à l’investissement  ?

Natacha Vieille a été nommée sous-préfète il y a un an pour animer et suivre le déploiement du plan de relance à l’échelle régionale. JDP

Alors que quelque 50 milliards d’euros ont déjà été débloqués par l’État qui estime atteindre le seuil des 70 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, l’application du plan de relance se poursuivra sur 2022.

Selon la sous-préfète à la relance, Natacha Vieille, «  toutes les aides destinées aux particuliers et lancées en juillet 2020 sont encore accessibles et ont même, pour certaines, été renforcées - Ma prime rénov’ a notamment été ouverte aux copropriétés et aux bailleurs. Les collectivités territoriales peuvent, quant à elles, toujours se mobiliser sur les aides au développement des projets alimentaires de territoire, mais aussi concernant les actions de biodiversité, la revitalisation des friches urbaines et industrielles ou encore tout ce qui concerne le numérique ainsi que la réalisation d’aménagement cyclable. Enfin, l’insertion par l’activité économique est importante et l’État est très déterminé sur tout ce qui concerne les nouveaux projets. Les entreprises peuvent aussi toujours s’inscrire aux aides de l’Ademe sur la décarbonation de l’industrie et la réutilisation de la chaleur. Mais aussi tout ce qui concerne l’apprentissage et l’accompagnement des entreprises sur le numérique  ».

Dans le prolongement de France relance, Fabien Sudry nous a confié qu’un nouveau plan de soutien à l’investissement était en cours d’élaboration par l’État. Selon le préfet de région et de département, «  ce plan viendra encourager et soutenir, de manière encore plus ciblée et sous l’angle de la résilience et de la souveraineté française, les entreprises et l’industrie de demain   ».

À l’issue du conseil des ministres du 8 septembre, le Premier ministre Jean Castex a d’ailleurs parler d’un «  nouveau plan d’investissement pour bâtir la France de 2030 et faire émerger dans notre pays et en Europe les grands champions de demain dans les domaines du numérique, de l’énergie verte, de l’industrie décarbonnée des biotechnologies ou encore de l’agriculture et de la forêt  » qui devrait être lancé «  à la demande du Président de la République dans les prochaines semaines  ».

Antonin Tabard