La RSE : de contrainte à atout, pour le prestataire des marques de luxe Toutherm
Yonne. L’entreprise jovinienne spécialisée dans les emballages pour le marché du luxe vient d’obtenir trois distinctions honorifiques. Une belle reconnaissance pour cette PME qui en l’espace de huit ans a investi 1,5 M€ pour décarboner sa production et s’adapter aux nouvelles exigences du marché.
Produire des emballages plastiques pour Chanel, Dior et Hermès n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Menacée de voir son activité disparaître, l’entreprise de thermoformage Toutherm - 11 salariés et 3 M€ de CA - a dû relever ses manches il y a huit ans pour poursuivre sa production en intégrant les enjeux environnementaux. « En 2018, le plastique avait mauvaise presse, nous perdions des marchés, confie le directeur général, Ludovic Gauthard. Il a fallu se réinventer et changer notre façon de fabriquer pour répondre aux attentes des maisons de luxe ». Pour s’adapter à leurs nouveaux cahiers des charges, Toutherm s’engage dans la décarbonation et commence par s’intéresser à son importante consommation d’électricité thermoformage et chauffe du plastique obligent.
Audit et investissement
En 2018, l’entreprise fait un audit énergétique et met en place dans la foulée une feuille de route ambitieuse. Au prix d’importants investissements avec notamment le changement d’une ligne de production, Toutherm parvient à réduire de 30 % sa consommation d’énergie. Une baisse radicale dont l’entreprise a tiré profit au moment de l’hyperinflation des prix de l’électricité en 2023. Dans le même esprit, Toutherm vient de lancer la construction sur site d’une centrale photovoltaïque qui devrait produire 400 MW chaque année. Coût de l’opération : 450.000 €. « C’est un investissement à long terme, sur 15 à 20 ans. En plus de décarboner notre électricité, ça va nous permettre de sécuriser le prix du kilowattheure », se satisfait Ludovic Gauthard. Un investissement qui devrait également profiter aux voisins de l’usine puisqu’une partie de l’électricité produite sera revendue aux entreprises environnantes et à la collectivité jovinienne.
L’or chez ecovadis
Mais l’énergie n’est pas la seule source d’émission de CO2. Pour faire face aux pertes résiduelles de plastique dû à la production d’emballages, 300.000 € ont été investis dans une unité de broyage destinée à recycler la matière. « Nous faisions appel à des recycleurs externes, confie le responsable financier, Denis Rolland. Depuis la mise en place de cette installation, nous sommes passés de 50 à 80 % de matières recyclées ». Enfin, la composition de certains produits comme les plateaux logistiques - auparavant jetable après la première utilisation - a été modifiée. « Nos plateaux étaient assez fins, on a augmenté la couche de plastique pour les rendre réutilisables, explique Denis Rolland. Aujourd’hui, on a mis en place une ligne de nettoyage, on récupère auprès de nos clients les plateaux pour les réutiliser sept fois en moyenne, parfois plus de dix ».
Aidé financièrement par le conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, BPIfrance et l’Ademe, Toutherm est parvenue en quelques années à repenser son modèle pour s’adapter aux besoins éco-responsables de ses clients. Ses trois distinctions (Label More 2025, Trophée Efficience du Jovinien et la médaille d’or Ecovadis) viennent récompenser et encourager cet effort « Nous sommes allés la chercher cette médaille d’or, conclut Ludovic Gauthard. Mais il faudra continuer ».