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Le deal qui sécurise Soréal

Yonne. LDC Amont, division du groupe LDC, est devenu actionnaire majoritaire de l’usine de Joigny Soreal Nutrition Animale, rebaptisée HSA – Huttepain Soréal Aliments.

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Le site de Soréal à Joigny, dont l’actionnaire majoritaire est désormais la Sarthoise LDC Amont, division du groupe LDC. (Crédit : DR)

Depuis le 1er janvier, LDC Amont, division du Groupe LDC spécialisée dans les approvisionnements agricoles et la nutrition animale basé à Sablé-sur-Sarthe (CA de 6,3 Mds€ en 2025) est devenu actionnaire majoritaire de Soreal Nutrition Animale, implanté depuis 1991 à Joigny qui devient HSA – Huttepain Soréal Aliments. L’usine qui produit environ 55.000 tonnes d’aliments composés par an (ruminants, volailles, porcs, lapins, chevaux, basse-cour…) devrait voir sa production passer à 70.000 tonnes annuelles, avec une capacité technique pouvant atteindre 80.000 tonnes à moyen terme.

Les coopératives agricoles historiques, parmi lesquelles Dijon Céréales, 110 Bourgogne, Bourgogne du Sud, Interval, Oxyane et Terre Comtoise, conservent 34 % du capital de Soreal qui devient donc négoce : « C’était plus que nécessaire pour Soréal qui sortait de cinq ans de réorganisation et qui était dans une passe économique très difficile. C’était soit on trouvait un deal soit l’usine de Soréal Joigny avait un avenir plus que bouché, explique Sylvain Baudry, directeur de Soreal et dirigeant du transporteur Logivia. On faisait face à une dépréciation des produits agricoles. Moins de viande rouge. Plus de viande blanche et un marché laitier en difficulté. Eux avaient besoin d’un outil, ils étaient déjà clients chez nous. On a trouvé ce deal intelligent qui a pu se mettre en place grâce aux salariés et à leur savoir-faire ».

Faire face à la volatilité des marchés

Derrière cette prise de participation, le Groupe LDC, qui abat chaque année plus de 578 M de volailles exportées en Europe, entend consolider son approvisionnement en alimentation animale, qui représente jusqu’à 60 à 70 % du coût de production en élevage avicole. La faute à un contexte de volatilité des céréales, protéines végétales et compléments minéraux, en raison des conditions climatiques, des tensions géopolitiques et des fluctuations du marché mondial : « Un outil industriel, c’est beaucoup de charges fixes. Si on n’a pas assez d’aliments à fabriquer, les charges fixes unitairement deviennent trop importantes pour être assumées par les agriculteurs et on perd des marchés. »

En contrôlant directement l’usine de Joigny, LDC Amont peut mieux sécuriser ses flux de matières premières, optimiser la traçabilité et réduire le risque de rupture d’approvisionnement pour ses filières volailles et ruminants. Les investissements prévus permettront également de moderniser les équipements et d’augmenter les volumes dédiés aux filières volailles du groupe, tout en maintenant l’activité ruminants au service des éleveurs partenaires. « Globalement on a entre 8 et 10 recrutements. Le plus important était de préserver les emplois et l’outil existant à Joigny. Pour le groupe LDC, ce rachat répond à une logique de proximité ; ils approvisionnaient les élevages du Loiret depuis Le Mans. Ça leur permet de soulager l’origine du Mans et d’approvisionner les élevages du Loiret à partir de Joigny », conclut Sylvain Baudry.