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92e année

Le Medef et l’UIMM de l’Yonne démystifient la RSE

RSE. À l’occasion de la rentrée économique, la Maison de l’entreprise, à Auxerre, organisait, jeudi 9 septembre, deux tables rondes sur les enjeux de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) afin de démontrer que cette démarche constitue un levier d’attractivité et de compétitivité majeur.

Certains chefs d’entreprises icaunais ont intégré la démarche RSE dans l’ADN de leur projet tel Julien Mouchet (au micro sur la photo), co-fondateur de Kovers qui vient d’entrer dans la « French Tech 120 ». Sèv@idxprod

RSE, effet de mode ou changement de paradigme ? Pour de nombreux entrepreneurs, derrière ces trois lettres se cache une nébuleuse difficile à appréhender, qui s’apparente plus à des contraintes supplémentaires qu’à de réelles opportunités de développement économique. Une idée reçue à laquelle Dominique Carlac’h, la vice-présidente du Medef et co-présidente de la commission « Nouvelles responsabilités entrepreneuriales » est venue tordre le cou, en préambule de l’événement. Si la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se traduit, en pratique, par la mise en œuvre des enjeux du développement durable, il suffit bien souvent aux dirigeants de « révéler ce qu’ils ont déjà mis en place. Comme Monsieur Jourdain, nous faisons de la RSE sans le savoir ! ».

Efforts de décarbonation des process, intégration des circuits courts, accroissement du bien-être des salariés, promotion du covoiturage, meilleure prise en compte des « parties prenantes », dirigeants de PME, représentants de grands comptes ou consultants spécialisés ont décliné, lors de ces tables rondes, les différentes facettes de cette démarche pluridisciplinaire qui concerne tous les secteurs de l’entreprise. De la communication à la production en passant par la logistique et les ressources humaines. « C’est du bon sens au quotidien », souligne Christophe Rihouët, le directeur général de Fruehauf, qui a établi plusieurs indicateurs pour mesurer les marges de progrès en la matière. D’autant que la démarche RSE constitue de l’avis de tous un formidable élément de différenciation vis-à-vis des clients et des fournisseurs.

Un outil de valorisation indéniable

L’adoption d’une démarche éco-responsable et durable représente, par ailleurs, un élément essentiel de la « marque employeur » qui permet d’attirer et de conserver les collaborateurs. Les « talents » sont, d’ailleurs, de plus en plus sensibles aux actions conduites en matière de protection de l’environnement ou de promotion de l’égalité hommes-femmes, par exemple. Selon les analystes, les entreprises qui optent pour une politique RSE ambitieuse connaissent une baisse drastique de l’absentéisme et du turn-over. Un élément à prendre en compte dans la stratégie de ressources humaines quand certains secteurs économiques peinent à recruter.
« Aujourd’hui, alors qu’un certain nombre d’entreprises connaissent des difficultés, notamment en matière de recrutement, il nous est apparu opportun d’apporter des clés pour aborder au mieux la démarche RSE afin d’attirer et de fidéliser les compétences  », explique Claude Vaucouloux, le directeur général du Medef et de l’UIMM de l’Yonne. « Dans cette optique, nous avons d’ailleurs un rôle de facilitateur et d’accompagnateur à jouer afin de mettre en contact les chefs d’entreprises en face des interlocuteurs de la RSE.  »

Stéphane Bourdier