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Le Medef s’invite aux municipales

Côte-d’Or. Alors que le premier tour des élections municipales a lieu ce dimanche 15 mars, le syndicat patronal auditionnera les candidats qualifiés au second tour sur une série de propositions du monde économique « pour un développement territorial au service de l’économie et de la Côte-d’Or »

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Les candidats qualifiés au second tour seront confrontés aux propositions du Medef 21 dans les principales villes du département, dont le 16 mars à Dijon et le 19 mars à Beaune. (Crédit : freepix.)

En amont du deuxième tour des élections municipales, le Medef 21 va confronter les propositions émanant de la consultation de ses adhérents aux programmes des candidats qualifiés pour le second tour. L’organisation patronale a structuré sa démarche autour d’un principe de réciprocité. « Les entreprises disposent d’une expertise économique de terrain et les élus d’une légitimité démocratique et de l’expertise publique », pose d’emblée Jean-Philippe Porcherot, président du Medef 21. Pour confronter ces visions, des auditions sous forme de plateaux-débats sont organisées entre les deux tours : le lundi 16 à Dijon (Maison des Entreprises) et le jeudi 19 à Beaune (Brasserie de France).

Sept piliers pour l’attractivité

Les propositions présentées au siège dijonnais du Medef 21 le 26 février sous forme d’un manifeste, s’articulent autour de sept thématiques clés, avec une demande transversale : la prise en compte des impacts économiques, voire une consultation préalable des représentants du patronat avant toute décision structurante. Elles sont parvenues par mail aux candidats des principales villes de Côte-d’Or (Dijon, Beaune, Châtillon-sur-Seine, Montbard).

  • Fiscalité et simplification administrative : le patronat local appelle à une stabilité fiscale, demandant explicitement de ne pas augmenter les impôts de production et préserver la compétitivité. Le Medef 21 propose par exemple la création de guichets uniques et l’accélération de la transition numérique des services publics.
  • Mobilité et décarbonation : les déplacements domicile-travail entrant dans le périmètre de responsabilité des entreprises pour la décarbonation, le Medef propose un « Pacte métropolitain mobilité et entreprises ». L’enjeu est de fluidifier l’accès aux zones d’emploi via le télétravail, le covoiturage et les parkings mutualisés.
  • Logement et foncier : avec 12.000 demandes de logements abordables en attente sur la métropole dijonnaise, le logement est identifié comme un frein majeur : « Le logement est un facteur direct de recrutement », souligne Jean-François Buet, président du bailleur social Habellis. Le Medef 21 préconise une stratégie foncière lisible à proximité des bassins d’emploi.
  • Aménagement et urbanisme. Le Medef demande que « l’urbanisme soit pensé au service de l’économie » et propose l’association des entreprises à l’élaboration des documents d’urbanisme (PLUi), l’intégration de la logistique du dernier kilomètre et accélération des délais d’instruction des permis.
  • Emploi et formation : Face aux difficultés de recrutement touchant plus de la moitié des entreprises, l’organisation souhaite renforcer les passerelles entre le monde académique et professionnel. « Être attractif pour les étudiants, c’est potentiellement des recrutement pour une entreprise », rappelle Jean-Philippe Porcherot. Le patronat local salue les initiatives de pôles hybrides, mêlant start-up, formation, coworking type Santenov, mais alerte sur la nécessité de conforter les aides à l’apprentissage.
  • Sécurité et cadre de vie : la sécurisation des zones d’activité et la propreté urbaine sont ressorties comme des préoccupations majeures des adhérents. Le point de vigilance est particulièrement le cas des fermetures administratives des établissements de nuit. Le Medef pointe un « vrai impact économique » lorsque des décisions préfectorales empêchent l’activité pendant plusieurs mois.
  • Développement économique et transition écologique : le Medef interrogera les candidats sur leur stratégie de commande publique, souhaitant qu’elle soit plus accessible aux PME locales. Concernant la transition écologique, l’organisation prône le « pragmatisme » avec une concertation permanente sur les stratégies énergie-climat et la création d’un guichet unique pour les aides à la transition.

La co-construction comme boussole

L’organisation se défend de toute ingérence dans la vie publique, rappelant son caractère apolitique et l’absence de consignes de vote à l’issue de ces débats. Pas de lobbying mais selon Jean-Philippe Porcherot, d’une « main tendue » pour articuler développement économique et politiques publiques sans les opposer. « La conviction centrale, c’est la coopération. Et le message principal est simple : c’est la réussite du territoire. »