Les élus locaux appelés à voter pour l’acte de construire
Région BFC. En cette année marquée par les échéances municipales, les présidents de la FRTP BFC (travaux publics), de la FFB BFC (bâtiments) et de l’Unicem BFC (matériaux de construction) appellent les élus et futurs élus à une prise de conscience des urgences de leurs professions.
L’annonce par le Premier ministre Sébastien Lecornu du plan Relance logement (voir encadré ci-dessous) - une résurgence du « Choc de l’offre » du candidat Macron, décliné sans trop d’effets par différents locataires de Matignon - ainsi que le contexte électoral à quelques semaines des élections municipales, a fourni aux acteurs régionaux de « l’acte de construire » (Fédération des travaux publics (FRTP), Fédération française du bâtiment (FFB) et Union nationale des industries de carrières et matériaux (Unicem), le contexte idéal pour alerter les élus (et futurs candidats) François Rebsamen (président de Dijon métropole) et Nadjoua Belhadef (adjointe à la maire de Dijon en charge notamment de l’artisanat), ainsi que la députée Océane Godard, quant aux incertitudes et aux charges pesant sur leurs métiers.
bombe sociale à retardement
*« Notre monde du bâtiment fait face à une crise sans précédent depuis trois ans »*, a attaqué Stéphane Gazelle, président de la FFB BFC (8% du PIB régional et 43.000 salariés). La situation du logement neuf est notre première préoccupation avec des chiffres au plus bas, revenus au niveau de l’immédiat après-guerre : 266.000 logements neufs construits en 2025 (en réalité, 378.806 logements ont été autorisés à la construction entre décembre 2024 et novembre 2025, selon les chiffres de la base de données nationale Sitadel, Ndlr). Le statut du bailleur privé réclamé par la FFB a enfin été adopté, mais que de temps perdu ! Et surtout, cela a coûté 60.000 emplois à notre secteur. Sur le front de la rénovation, Stéphane Gazelle n’a pas non plus mâché ses mots, évoquant « les rétropédalages incessants sur MaPrimeRénov’ en 2025 et sa quasi-suppression du budget 2026. Le ridicule ne tue pas, mais il finira par tuer des centaines d’entreprises et d’artisans. À l’heure où notre pays a besoin de rénover les logements devenus des passoires thermiques, où la transition écologique et le réchauffement climatique sont au coeur des préoccupations de la FFB, nous avons besoin d’une politique claire et pérenne et non pas de la grandguignolade à laquelle nous assistons depuis trop longtemps. La bombe sociale du mal-logement, du manque de logement, sera-t-elle désamorcée par la tardive prise de conscience de ce début d’année ? » Du petit lait pour François Rebsamen : « On me taxe parfois de “ bétonneur ” Mais le béton est un bon matériau. Les critiques habitent eux-mêmes dans des logements en béton, pas dans des maisons en paille. Nous travaillons bien sûr à réduire l’empreinte carbone via la science, mais le développement urbain passe par la densité. C’est une densification heureuse puisque les habitants continuent de nous soutenir », avant de rappeler qu’en termes d’investissements, « l’année 2025 a été forte avec 110 M€ investis par la métropole et 70 M€ par la ville. Nous sommes le premier investisseur de la région, hors collectivité régionale ».
document stratégique
Le président de l’Unicem Vincent Larochette s’est lui réjoui de l’approbation par le préfet du Schéma régional des carrières, fruit de six années de travaux, « un document stratégique pour garantir dans le temps un approvisionnement durable des territoires » et « sécuriser une activité économique essentielle. Il s’agit de pérenniser 20 millions de tonnes pour alimenter la filière du BTP » - soit en BFC, 400 points d’extraction et d’approvisionnement protégés.
Le président de la FRTP BFC récemment installé, Frédéric Bonnefoy, avait appelé en introduction les élus présents à parier sur l’avenir : « Choisir d’être élu local, c’est faire des choix pour son territoire et ses administrés en fonction des besoins actuels mais aussi et surtout futurs. Les entreprises de travaux publics de BFC sont là pour répondre aux besoins en entretien du patrimoine sur l’ensemble de la grande région : travaux de voirie, de réseaux d’eau, d’assainissement, travaux de réseaux électriques. Nous pouvons bien sûr aider les collectivités locales à préparer l’avenir face aux enjeux climatiques. Je crois que les entreprises de travaux publics sont des partenaires précieux des collectivités et je formule le voeu que les élus, les futurs élus, en aient pleinement conscience. » Message parfaitement reçu par François Rebsamen qui rappelle pour sa part aux interprofessions que la construction d’une troisième ligne de tramway (230 M€ d’investissement sur la métropole dijonnaise, dont bénéficieront forcément les entreprises locales) a un préalable : « Si nous sommes réélus... » La valse des engagements préélectoraux se danse toujours à deux...