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93e année

Métroplast vise le 100% recyclé

Environnement. À Chalon-sur-Saône, Métroplast, fabriquant de conteneurs à déchets, engage un investissement de 400.000 euros. Soutenu par l’ADEME, le projet vise à augmenter la part de plastique recyclé dans la production d’ici la fin d’année.

En 2022, Métroplast prévoit de faire passer son chiffre d’affaires de 17 à 25 millions d’euros après avoir relocalisé une partie de sa fabrication et grâce à un marché de niche en développement. O. Saillard Photographe

Dix pour cent puis 30%, désormais 50%. Depuis trois ans, à Chalon-sur-Saône, Métroplast monte en puissance quant à l’intégration de plastique recyclé dans la conception de ses solutions de points de collecte d’apport volontaire de grande contenance. Fabriqués avec la technique du rotomoulage, les conteneurs pouvant atteindre 5.000 litres répondent aux commandes des collectivités en France mais aussi à l’export.

« Nous achetons du plastique naturel ou vierge, livré en granulé. Désormais nous allons aussi chercher du plastique recyclé, issu du même procédé de rotomoulage, pour l’incorporer à nos produits » explique François Brusset, responsable du site Métroplast de Chalon-sur-Saône. Des canoés, des réservoirs de bus ou de camion, des poubelles en colonne aérienne et ponctuellement des jeux pour enfants sont lavés et broyés pour être livrés à l’entreprise sous forme de paillette afin d’avoir une nouvelle vie.

Recyclage total

Pour accentuer sa démarche, Métroplast a sollicité une subvention de l’Ademe dans le cadre de l’appel à projet orplast. Sur un budget de 400.000 euros, l’entreprise a bénéficié d’une enveloppe de 145.000 euros pour transformer sa ligne de production d’ici la fin d’année 2022. « Nous avions deux lignes de fabrication, une pour le plastique vierge, l’autre pour le recyclé. Nous allons pouvoir les réunir et proposer des produits issus à 100% du plastique recyclé » se réjouit François Brusset. Alors que la qualité de la matière première diverge en fonction de sa provenance, la filiale du groupe Sulo et ses 40 salariés ont trouvé une alternative.

« Nous réduisons l’impact des plastiques recyclés moins bons en augmentant la part de ceux de meilleure qualité. Ainsi, rien n’est perdu. » Pour atteindre ses objectifs, l’entreprise a identifié les filières logistiques et d’approvisionnement nécessaires mais doit encore se confronter à quelques réticences de la part de ses clients. « Si la ville de Lyon a été la première à nous commander des conteneurs 100% recyclés, certaines collectivités ont des exigences esthétiques parfois incompatibles avec le 100% recyclé, notamment nos clients étrangers. »

Nadège Hubert