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Moulins Dumée : l’IA au service du blé

Yonne. À Gron, les Moulins Dumée investissent 4 M€ pour automatiser leur production et éradiquer la pénibilité grâce à l’IA.

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Automatisation des préparations de commandes. (Crédit : JDP.)

Anciennement les moulins de Saint-Père, les Moulins Dumée perpétuent un savoir-faire meunier depuis le XIXe siècle. Historiquement implantée à Sens, l’entreprise a transféré son activité sur la zone industrielle de Gron il y a une dizaine d’années. À travers les époques, cette affaire familiale a su embrasser les innovations techniques et technologiques afin d’optimiser sa production tout en améliorant les conditions de travail de ses collaborateurs.

Un programme de 4 M€

Figurant parmi les plus modernes de France, les Moulins Dumée achèveront d’ici la fin de l’année un chantier d’envergure. Depuis deux ans, l’entreprise déploie un système d’automatisation pour la préparation des commandes de farine ensachée, d’un montant de 2 M€. Côté infrastructures, l’espace de préparation a pris place dans l’ancien entrepôt de stockage de 1.000 m². Les stocks de matières premières et de produits chimiques ont rejoint un nouveau bâtiment de 2.000 m² construit lors de la première phase du chantier, pour 2 M€. Au total, ce sont 4 M€ qui ont été investis, intégralement portés par l’emprunt bancaire, bien qu’une aide régionale ait été sollicitée.

Un système en rodage

Les Moulins Dumée poursuivent donc leur révolution technologique avec ce système piloté par une IA. Toutefois, le réglage d’une telle mécanique de précision demande du temps. De l’aveu même du Pdg, « l’outil n’est pas encore à la fois ni sécurisé totalement ni au maximum des performances qu’on attend de lui » tempère Hervé de Romémont. L’installation est toutefois opérationnelle à 90 %. Actuellement en phase de montée en puissance, elle nécessite encore quelques ajustements techniques avant d’exprimer son plein potentiel.

En finir avec la pénibilité

Andi Bako, responsable Suppy Chain et Hervé de Romémont, Pdg des Moulins Dumée. (Crédit : JDP.)

Le segment de la farine ensachée représente aujourd’hui un tiers des volumes de la minoterie, soit 3.000 tonnes mensuelles. Un marché porté par les artisans-boulangers nationaux, mais aussi par l’export (8 %), notamment vers la Guyane et la Chine. Jusqu’ici, les manutentionnaires alimentaient un transtockeur de 1.000 palettes, une tâche éprouvante désormais confiée à la robotique. Pour Hervé de Romémont, l’automatisation du traitement de ces commandes répondait à une urgence sociale : réduire drastiquement la pénibilité. Le Pdg précise qu’aucune hausse de production n’est visée dans l’immédiat. Outre le confort de travail, ce système permettra d’optimiser une autre priorité stratégique : la traçabilité des produits.

Projets innovants à venir

Si les robots déposent les sacs de farine sur le quai, le chargement restera manuel. En revanche, l’entreprise place déjà dans sa ligne de mire un nouveau projet d’exosquelette pour faciliter le travail des chauffeurs-livreurs. Ils portent chaque jour ces sacs de 25 kg, souvent par deux afin de réduire le nombre de remontées d’escaliers comme l’indique Hervé de Romémont, déjà en quête d’un fabricant. Le site de production franchira bientôt une autre étape technologique avec l’acquisition d’un trieur optique afin de se conformer aux nouvelles normes. Équipé de caméras infrarouges, ce dispositif de pointe analysera chaque grain pour identifier les impuretés, selon leur couleur. Tout élément indésirable, tel que l’ergot de seigle, sera alors expulsé par un jet d’air comprimé, garantissant une pureté irréprochable du blé.