Need Robotics, un cocon d’innovation
Yonne. Need Robotics poursuit son développement, entre innovation robotique, diversification de ses activités et conquête de nouveaux marchés.
À Sens, la robotique n’est pas une affaire de science-fiction. Créée en 2020 par Ned Cekic, Need Robotics vient de recevoir le Trophée de l’innovation Michelin Développement, à l’occasion des 30 ans d’Initiative 89. « Michelin, c’est la boîte française du pneu qui s’est intéressée à une petite boîte comme nous et qui nous file un coup de main, et qui a reconnu que notre stratégie de développement est bonne », déclare fièrement Ned Cekic. Cette reconnaissance s’accompagne d’une enveloppe de 5.000 €, qui permettra à la société de développer de nouvelles solutions robotiques.
Depuis son lancement, l’équipe de Need Robotics s’est étoffée, avec « des gens soudés et impliqués », tient à préciser Ned Cekic. L’entreprise compte aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs, dont certains jeunes issus de contrats de professionnalisation. « On a eu des hauts et des bas comme d’autres boites mais on est toujours là », se réjouit-il. Bien ancrée à Sens, la start-up réalise un chiffre d’affaires annuel de 500.000 €.
En parallèle, ses dirigeants ont saisi l’opportunité de monter en compétences avec le rachat de Nsteel Engineering, spécialisée dans la conception, la fabrication et l’intégration de machines. L’atelier de montage, qui réalise environ 2 M€ de chiffre d’affaires, est situé dans la zone industrielle des Vauguillettes. Need Robotics a également repris une partie de l’activité de RB3D, entreprise de l’Auxerrois en liquidation judiciaire depuis octobre 2025, consacrée à la fabrication de manipulateurs cobotiques.
Cap sur l’international
« Aujourd’hui, les industriels français sont sous pression. Ce qui ne leur permet pas d’investir, sauf ceux qui ont les moyens. Ils ont d’autres problématiques financières », regrette Ned Cekic. Le dirigeant estime que les industriels français ne sont pas encore prêts à adopter largement cette technologie. Il déplore également la suppression d’aides gouvernementales dans le cadre des contrats d’apprentissage, qui contribue selon lui à freiner le développement du secteur.
Face aux difficultés rencontrées sur le marché français, Need Robotics a donc élargi sa clientèle au-delà des frontières de l’Hexagone, notamment dans le secteur de l’hôtellerie, avec le GroomRobot en Belgique et en Roumanie. « On fait du polissage pour les grandes maisons du luxe », ajoute l’entrepreneur. Et la société entend désormais accélérer sur ce marché : « La gamme Polybot, c’est notre fer de lance pour ces trois prochaines années. On a déjà quatre commandes pour l’année prochaine ».
Le dirigeant entrevoit ainsi de belles perspectives pour ce produit. Il ne désespère pas non plus « que la France prenne connaissance que l’industrie est importante. Et pour le défi des années à venir, on doit relocaliser pour recréer de la richesse chez nous, sinon on va droit dans le mur ».