Neuf jeunes de l’Yonne à l’abordage du Belem
Yonne. Pour ses 130 ans, la fondation Belem - Caisse d’Épargne finance l’embarquement de 130 jeunes partout en France à bord du mythique Belem. Dans l’Yonne, neuf jeunes accompagnés par les missions locales prendront la mer entre Saint-Nazaire et La Rochelle.
C’est un fameux trois-mâts, fin comme un oiseau… Long de 58 mètres, haut de 34 mètres, le Belem, dernier grand voilier français du XIXe siècle encore en activité, impressionne autant qu’il fascine. Classé monument historique, le Belem n’est pas qu’une carte postale flottante, il est aussi un outil de transmission. Depuis son rachat en 1986 par la Fondation Belem Caisse d’Épargne, issue du mécénat historique du groupe bancaire, près de 50.000 personnes ont déjà navigué à son bord et plus de 2 millions de visiteurs l’ont découvert à quai. Un patrimoine vivant, donc, qui continue de faire voyager les générations.
Mais cette fois, il ne s’agit pas seulement de célébrer l’histoire maritime. À l’occasion de ses 130 ans, la fondation a choisi de marquer le coup avec une opération nationale : offrir 130 embarquements à des jeunes Français accompagnés vers l’insertion. En Bourgogne Franche-Comté, le projet est porté par la caisse régionale via un mécénat organisé à l’échelle du territoire. Transport, équipement (bonnet, polo, veste, polaire), traversée, les jeunes ne déboursent rien. Dans l’Yonne - seul département de BFC à embarquer - les quatre missions locales (Tonnerre-Avallon, Sens, Auxerre, Joigny-Migennes) ont travaillé ensemble pour sélectionner neuf profils prêts à larguer les amarres.
Sortir de sa zone de confort
À bord, pas de croisière contemplative. Les jeunes participeront pleinement à la vie du navire aux côtés des 25 membres d’équipage : manipulation des cordages, manoeuvres, quarts de surveillance, tâches du quotidien. Le tout en couchettes, dans un espace restreint, avec la mer pour horizon. « Je ne range déjà pas ma chambre… », sourit Baptiste, l’un des jeunes.
Le doute porte moins sur la navigation que sur la vie en collectivité. « J’ai plus d’appréhension de vivre avec des gens que je ne connais pas que de naviguer, poursuit Baptiste. Mais je veux aussi me prouver que je peux faire de grandes choses ». Laura, 21 ans, évoque un possible « déclic ». Passionnée d’histoires de pirates, elle se voit déjà au levage de l’ancre. D’autres rêvent de dauphins, de rencontres, d’un moment hors du temps. Un journal de bord accompagnera l’aventure. Une manière de garder trace… et de structurer le retour d’expérience.
Une opération d’image, mais surtout d’impact
Derrière l’évasion maritime se dessine un objectif économique et social clair. Les missions locales voient dans cette traversée un outil de travail sur la mobilité, la confiance et les compétences transversales : esprit d’équipe, respect des consignes, gestion du stress, endurance. « On veut mesurer l’avant et l’après », explique Élise Reygrobellet, de la mission locale de Tonnerre - Avallon. Un bilan individualisé sera réalisé au retour afin d’identifier les compétences mobilisées et, pourquoi pas, ouvrir des perspectives professionnelles. La découverte des métiers maritimes – navigation, maintenance navale, logistique portuaire – peut susciter des vocations inattendues.
Pour la Caisse d’Épargne, l’opération s’inscrit dans une logique de mécénat territorial, associer célébration d’anniversaire et engagement sociétal.