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Noirot TP, 100 ans d’adaptation

Côte-d’Or. L’entreprise Noirot, spécialiste des travaux publics, a célébré son centième anniversaire au cours de l’été. Si la cinquième génération a pris la direction depuis quelques mois en la personne de Corentin Noirot, son père Franck reste aux affaires pour former un duo équilibré avec son fils.

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Photo de Corentin et Franck Noirot
Corentin et Franck Noirot représentent la cinquième et quatrième génération de l’entreprise familiale Noirot TP qui a célébré ses 100 ans cet été. Crédit : JDP

Peu d’entreprises ont la chance de traverser un siècle. Encore moins lorsqu’elles sont restées familiales pendant cinq générations, se réjouit Franck Noirot. Née à Morey-Saint-Denis en 1926 sous l’impulsion de François Noirot, l’entreprise familiale s’oriente d’abord dans des activités de carrière. « On cassait, on préparait des cailloux. La société s’appelait alors le Travail, un nom simple, porteur des valeurs et de la façon de vivre et d’aider les autres de mon ancêtre. Il travaillait pour les chemins de fer et notamment pour l’ancien tacot qui passait à Dijon, Beaune et Saulieu », raconte Franck Noirot, fier de souligner que son arrière-grand-père était l’un des premiers à avoir un concasseur.

En 1936, son fils Henri prend le relais tandis que la Seconde Guerre mondiale freine l’entreprise qui comptait alors une quarantaine de salariés mais n’en retrouvera que sept à la Libération. « En 1946, il rachète un camion pour reprendre ses activités, les anciens ayant été réquisitionnés. » Plus tard, Maurice renonce au métier de comptable pour rejoindre l’entreprise. « Il poussait les wagonnets dans la carrière mais il s’occupait aussi des factures et de la trésorerie », explique Franck Noirot en évoquant son père. Cette fois, c’est la Guerre d’Algérie qui viendra perturber le bon déroulement des activités. Le dirigeant étant parti des mois, à son retour l’entreprise se trouve au bord du gouffre mais il réussit à remonter la situation. « Il a apporté son énergie, sa jeunesse et sa détermination. Il crée la SARL Noirot Travaux Publics et atteint 25 salariés. Malgré le ralentissement de la croissance, la hausse du chômage et le contexte, l’entreprise ne connaît aucune grève. La valeur travail est maintenue et l’entreprise continue de progresser », insiste Franck Noirot.

Représentant la quatrième génération, Franck Noirot rejoint l’entreprise familiale en 1986, avant que les bureaux ne déménagent dans la zone industrielle de Nuits-Saint-Georges en 1991, suivis des ateliers en 2003.

Se moderniser pour perdurer

Se destinant à devenir boucher ou cuisinier puis formé au métier de géomètre, Franck Noirot reconnaît que sa mère l’a poussé à travailler avec son père. « J’ai appris ce métier au contact de ceux qui l’exerçaient avant moi : j’ai copié les meilleurs. J’ai compris qu’une entreprise centenaire ne peut pas vivre uniquement de son passé. » Pour Franck Noirot, la clé de la longévité de la société réside dans son agilité. « Nous avons su adopter de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux matériaux et matériels, de nouvelles pratiques sociales ou encore environnementales. »

L’IA ou encore les véhicules électriques s’invitent peu à peu chez Noirot TP, qui compte aujourd’hui près de 50 collaborateurs et 9 M€ de chiffre d’affaires. « La technologie ne remplace pas le savoir-faire. Elle le prolonge, permet de travailler plus efficacement. Mais derrière chaque écran, chaque GPS, chaque drone ou machine, il y a toujours une femme ou un homme qui sait lire le terrain. » Dans cette équipe dont il souligne l’implication et le professionnalisme, Franck Noirot peut compter sur son fils Corentin, cinquième génération, entré en 2020 dans la société et directeur depuis avril 2026. « Nous formons une bonne équipe, complémentaire. Je me plais bien avec lui », sourit Franck Noirot. Quand son fils maîtrise la gestion, les finances ou l’administratif, Franck Noirot conserve la dimension commerciale, les études et devis et s’occupe de l’acquisition du matériel avec cette même étincelle dans les yeux, animé par la même passion que ses prédécesseurs. Un goût du métier qu’il transmet à Corentin pour progressivement lui passer la main.