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Nucléaire : Arabelle Solutions engage 100 M€ de plus

Saône-et-Loire. À Chalon-sur-Saône, la friche Nordéon s’offre un nouvel avenir par l’intermédiaire d’Arabelle Solutions qui engage près de 100 M€ d’investissement pour y construire sa future usine d’échangeurs de chaleur pour la filière nucléaire d’ici 2030.

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Maud Bregeon et Sébastien Martin
Maud Bregeon, ministre déléguée en charge de l’énergie, et Sébastien Martin, ministre délégué en charge de l’industrie, ont salué l’annonce faite par Arabelle Solutions d’investir 100 M€ à Chalon-sur-Saône pour se doter d’une nouvelle usine d’échangeurs de chaleur. (Crédit : JDP.)

Arabelle Solutions, la filiale d’EDF dédiée à la construction des turbines éponymes destinées aux réacteurs EPR, a annoncé un nouvel investissement de 100 M€ pour la construction d’une future usine de 20.000 m² sur une parcelle de 6,7 hectares de l’ancienne friche Nordéon (zone SaoneOr).

Le site produira des échangeurs de chaleur, éléments qui s’intègrent à l’îlot turbine des centrales. « C’est un site clé en main dans une ville pensée pour les transports lourds, avec un écosystème fort avec lequel nous pourrons tisser des synergies, des achats en commun, comme avec Framatome. Nous aurons également un accès à la Saône », a justifié Catherine Cornand, la présidente d’Arabelle Solutions déjà présente à Belfort, quant au choix de Chalon-sur-Saône, mettant également en avant la disponibilité foncière de la friche. « C’est important pour un industriel de savoir qu’il aura la surface pour accompagner sa croissance, faire du stockage. Face aux différentes options, Chalon-sur-Saône s’est imposée comme une évidence. » L’usine, dont les travaux débuteront en 2027, s’inscrira dans le futur programme de construction de six réacteurs EPR2 annoncés par le Président de la République lors de son discours de Belfort (avec huit EPR2 potentiels supplémentaires). Elle fournira également des programmes de constructions neuves à l’international. Cette usine sera la quatrième d’Arabelle Solutions en France et la sixième dans le monde. Cet investissement s’ajoute à ceux annoncés en janvier à hauteur de 350 M€ pour augmenter la capacité de l’usine de turbines Arabelle à Belfort.

État « facilitateur »

(Crédit : JDP.)

Pour accompagner cette annonce, deux ministres étaient présents lundi 27 avril, dont, évidemment, Sébastien Martin, ancien président du Grand Chalon, désormais ministre délégué chargé de l’industrie. Alors élu local, il s’était appliqué à donner un avenir à la friche industrielle délaissée par Kodak d’abord, par Philips ensuite. Acheté par la collectivité en décembre 2021, le terrain, inscrit dans le dispositif Site Clés en Mains 2030 portait les ambitions de l’actuel ministre. « Nous voulions un grand nom de l’industrie qui soit susceptible de créer entre 100 et 200 emplois sur site. Nous souhaitions également une filière industrielle essentielle tant à notre région qu’à notre pays », s’est souvenu Sébastien Martin, satisfait qu’Arabelle Solutions prévoit la création de 160 emplois d’ici à 2030. De son côté, la ministre en charge de l’énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a salué l’implication de l’État pour accélérer l’accès ces sites industriels clés en main. « L’État sera à vos côtés. Nous voulons nous placer dans une logique de facilitateur », a-t-elle résumé. Au nombre de 55 sur le territoire national, ces « Sites clés en Mains 2030 » sont deux en BFC, tous deux en Saône-et-Loire : Lucy à Montceau-les-Mines et Nordéon à Chalon-sur-Saône. Ces sites sont notamment pré-qualifiés par les services de l’État afin de réduire les délais d’implantations en anticipant notamment les études nécessaires et en garantir le suivi.

Le ministre de l’Industrie comme son homologue à l’Énergie ont mis l’accent sur la nécessité de penser la formation et les recrutements pour une filière nucléaire en développement continu afin de « mettre des gens derrière ces lignes de production. » Maud Bregeon a voulu souligner l’excellence de la filière nucléaire française et sa capacité à répondre aux enjeux de société tant sur les plans économique, écologique que de souveraineté ou de pouvoir d’achat : « La crise énergétique rappelle l’importance d’avancer vers une souveraineté énergétique. Avec 60 % de l’énergie consommée en France qui provient des énergies fossiles, les Français paient le coût de nos dépendances. Nous devons sortir du pétrole et du gaz pour décarboner les usages. Si les factures électriques des Français restent stables, c’est grâce au nucléaire », a détaillé la ministre de l’énergie qui a mis en parallèle le prix de l’électricité en Italie, 30 % plus élevé qu’en France.

Catherine Cornand, présidente d’Arabelle Solutions, a présenté le projet de future usine d’échangeurs de chaleur et précisé que 160 emplois devraient y être créés d’ici 2030. (Crédit : JDP.)