On a parlé avec Sophie Adenot !
Aérospatial. L’Agence spatiale européenne (ESA) organisait, mercredi 20 mai dans ses locaux parisiens, une conférence de presse en direct avec Sophie Adenot, à bord de l’ISS. Vingt minutes, pas une seconde de plus, pour que l’astronaute d’origine nivernaise confie que « tout va bien ». L’occasion d’envoyer quelques messages, notamment aux plus jeunes.
Mercredi 20 mai, 15h45. À deux pas de l’Unesco, dans le 15e arrondissement, le siège de l’Agence spatiale européenne (ESA) accueille une trentaine de journalistes français (dont le Journal du Palais) et européens. Le temps d’une liaison avec le Johnson Space Center de la Nasa, puis d’une retransmission à partir de la Station spatiale internationale, Sophie Adenot, la spationaute française (et nivernaise !) de la Mission Epsilon, en vingt minutes top chrono, répond à dix questions, en français et en anglais, sans jamais se départir du large sourire qui fait sa marque de fabrique depuis le début de son aventure à 400 km au-dessus de nos têtes.
« Avec le sourire, en permanence ! »
Cheveux relâchés et flottant sous apesanteur, polo turquoise sur fond de drapeau bleu de l’ESA au milieu des instruments scientifiques, Sophie répond qu’elle s’est entraînée depuis quatre ans à cette mission Epsilon, quand une journaliste irlandaise lui demande ce qui la marque le plus de son expérience. « La vie quotidienne à bord se déroule très bien. Il n’y a pas d’urgence tous les jours ! Il y a une grande différence entre les situations extrêmes d’entraînement, comme savoir arracher une dent, et la vie quotidienne à bord », dit-elle d’abord en anglais. Presque une routine. Sauf qu’il faut « savoir s’adapter, et avec le sourire, en permanence ! ». Relancée, l’astronaute précise pourtant qu’elle garde un grand souvenir « de cet événement qui a consisté à parler à l’équipage d’Artemis qui a fait le tour de la lune », il y a quelques semaines. « C’était presque irréel, improbable, d’avoir deux équipages qui se parlent dans l’espace : beaucoup d’émotions positives et beaucoup de joie pour nous » ! Mais le quotidien, c’est aussi de se laver les cheveux « car ils ne retombent pas, sans l’attraction », ou de « savoir réparer les toilettes du bord, en une demi-journée de maintenance » : moins glamour mais tout aussi exceptionnel, « faute de gravité », selon Sophie Adenot.
Rejoindre « l’aventure scientifique »
Deuxième Française à aller dans l’espace, après Claudie Haigneré, Sophie réalise aussi plus de 200 expériences scientifiques au cours de son passage dans l’ISS. Une véritable ambassadrice de la science française et européenne, dont la représentation la comble et l’honore au plus haut point : « C’est aussi une grande responsabilité : je suis arrivée là parce qu’on m’a passé le goût de l’aventure scientifique et je suis ravie de le passer à mon tour. Si des jeunes veulent rejoindre l’aventure scientifique, filles ou garçons, quelle que soit l’origine sociale ou familiale, il y a de la place pour chacun ! Si c’est votre rêve, eh bien allez-y ! ».
Pour une « humanité unie » !
Et au final, « qu’est-ce que cela change pour vous de voir la Terre de loin », demande Christine Chapelle, journaliste spécialisée dans les questions de technologie à TF1 : « Ça fait partie du top 3 des expériences qui ont changé mon regard sur la vie et sur la planète. Il y a un avant et un après. Au-delà de cette grande joie de voir la Terre si belle, ce qui change la perspective, c’est que tout est unité. Ici, tout est interconnecté, les continents, les océans, la météorologie… Si on veut la protéger, cette planète, il faut que l’humanité soit unie et aille dans la même direction ! ».