Pari gagnant pour la Métallerie Monteillet à Looze
Innovation. L’acquisition d’un centre d’usinage destiné à la conception d’huisseries en PVC permet à cette société artisanale de neuf salariés d’enclencher une démarche industrielle bénéfique.
Installé depuis cinq ans dans ce village du Jovinien, le fabricant et installateur en métallerie, serrurerie et menuiserie poursuit sa transition, tout en soutenant une croissance constante. En 2011, lorsque Yvon Monteillet se porte acquéreur d’une petite entreprise de quatre personnes, alors basée à Hauterive, l’activité était exclusivement, ou presque, consacrée à la fabrication de clôtures, de garde-corps et autres mains courantes en acier. Elle réalisait alors 200.000 € de chiffre d’affaires. Quinze ans et deux déménagements plus tard, l’entreprise s’est entièrement réinventée adoptant, au passage, un nouveau pilotage et une planification plus rigoureuse. « Aujourd’hui, les carnets de commande sont pleins jusqu’à la fin de l’année. Nous réalisons un chiffre d’affaires de l’ordre d’un million d’euros et notre activité est tournée à 40 % vers l’aluminium, à 40 % vers le PVC et à 20 % vers ce que je qualifie de tout-venant », autrement dit la serrurerie, le bois et la métallerie, détaille le gérant. Si son champ d’intervention reste le département, sa clientèle constituée de professionnels et de particuliers s’est dans le même temps diversifiée, la Métallerie Monteillet intervenant à présent aussi à la demande des collectivités territoriales, des bailleurs sociaux et des cabinets d’architecture.
Un investissement déjà décisif
Après l’intégration de l’aluminium à la reprise de l’entreprise, Yvon Monteillet a donc choisi d’ajouter une nouvelle corde à son arc, il y a deux ans, en développant l’activité de pose et fabrication d’huisseries en PVC. Un segment dynamique dans le secteur de la construction et la rénovation. « Nous avons opté pour le fournisseur Rehau, notamment pour ses performances en matière de recyclage, puisqu’il affiche un taux de recyclabilité de ses produits de 74 %, et son système de traçabilité Windows ID », souligne-t-il.
Un virage stratégique qu’il a conforté à la fin de l’année dernière en investissant dans un centre d’usinage FormIndustrie quatre têtes. Coût de l’opération : 90.000 €. « Nous avons bénéficié d’une aide de l’État de 25.000 € dans le cadre du fonds mutualisé de revitalisation », précise Meriam Monteillet, épouse et assistante de direction de la société. Un investissement qui a permis à la Métallerie Monteillet d’enregistrer une amélioration notable de ses marges et un gain en productivité important, avec des délais de mise en œuvre raccourcis. « Cela a aussi considérablement diminué la pression chez mes collaborateurs, en réduisant la marge d’erreur, tout en leur apportant une montée en compétences. »
Vers une plus grande industrialisation
Après un trimestre de fonctionnement seulement, le centre d’usinage ne semble pas avoir seulement emporté l’unanimité auprès des salariés. Conquis, le dirigeant a, en effet, engagé une réflexion vers une industrialisation progressive de ses process. La Métallerie Monteillet pourrait ainsi, à l’avenir, abandonner l’activité de pose afin de se concentrer sur la seule fabrication de menuiseries pour le compte d’autres professionnels, tels que les entreprises de maçonneries et du bâtiment en général. En misant sur son appareil productif, elle proposerait alors une plus grande réactivité à ses clients que les groupes d’envergure nationale, avec des délais de fabrication observés de 10 à 12 semaines chez les principaux concurrents ramenés à quatre ou cinq semaines. « Notre fournisseur nous livre les profilés sous sept jours. C’est l’avantage d’être une petite structure, nous pouvons opérer rapidement. Et puis, cela m’éviterait le stress du suivi de chantier… », sourit Yvon Monteillet. À Looze, la métamorphose industrielle de la Métallerie Monteillet est donc en marche.