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93e année

Les microsystèmes électromécaniques Silmach recherchés

Technologie. Les MEMS, microsystèmes électromécaniques, ont la côte et s’immiscent partout. À Besançon, Silmach s’en est fait une spécialité et multiplie les projets que ce soit pour l’horlogerie ou encore les ouvrages d’art.

Silmach, spécialiste de la micromécanique sur silicium, met ses compétences au service de projets relevant à la fois de l’horlogerie ou de la sécurité routière. (Crédit : Laurent Cheviet)

Mettre un maximum de fonctions et de technologies dans un minimum d’espace, la société bisontine Silmach relève ce défi au quotidien depuis 2003, quand cette émanation du CNRS a débuté son travail d’industrialisation des micromachines MEMS. Depuis, l’entreprise s’est faite un nom autour de son savoir-faire sur le silicium, notamment avec son projet emblématique de libellule, un nano-drone.


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« C’était un challenge technologique ! » insiste Pierre-François Louvigné, dirigeant de Silmach. Aujourd’hui l’entreprise aux 28 salariés met ses connaissances au service de domaines d’application aussi variés que l’armement, le luxe, le médical ou l’aéronautique. Silmach planche actuellement sur deux projets structurants : l’un pour l’horlogerie, l’autre pour les ponts.

Comme une vraie montre

Depuis 2018, Silmach a engagé près de cinq millions d’euros d’investissement pour concevoir des micromoteurs destinés à des montres connectées à l’esthétique classique avec un cadran et des aiguilles. « Ce sont des montres hybrides connectées. Nous entrons dans la phase d’industrialisation de nos moteurs sans équivalent dans le monde pour laquelle nous disposons d’une salle blanche d’assemblage. » La solution se destine à un marché demandeur de moteurs compacts qui s’intègrent facilement dans la microélectronique. « Dans le cadre d’une joint-venture (coentreprise), nous nous sommes associés à l’horloger Tinex et avec Timach, nous prévoyons de vendre ces moteurs et les mouvements à l’ensemble des acteurs de l’horlogerie et des montres connectées. »

Sécuriser les ponts

Les importants investissements engagés profiteront à un second projet qui s’inscrit dans le cadre d’un appel lancé par BPI sur la mobilité routière. « S’il est retenu, le projet de capteurs micromécaniques sans énergie pourrait débuter à l’automne. » Le principe repose sur un capteur, ne nécessitant aucune alimentation, capable d’alerter lorsqu’un évènement susceptible d’impacter ou d’endommager la structure même de l’ouvrage se produit sur un pont, accident ou aléas climatiques par exemple. Avec près de 250.000 ponts en France, Silmach espère développer une solution compétitive économiquement et facilement déployable.

Nadège Hubert