Quelle succession pour le groupe SEB ?
Industrie. La succession de Thierry de La Tour d’Artaise à la présidence de SEB reste sans issue depuis quatre ans. Fédéractive, deuxième association d’actionnaires du groupe, alerte sur le risque d’une crise de gouvernance.
« SEB est chahuté à cause de problèmes industriels, oui, mais aussi à cause de la succession de Thierry de La Tour d’Artaise, qui, depuis quatre ans, est dans une impasse », confie Pascal Girardot, président de Fédéractive, la deuxième association d’actionnaires, regroupant des membres du groupe fondateur. « Et des rumeurs évoquent des tensions à ce sujet : je vous assure que s’il y en a, ce n’est pas chez nous », assure Fédéractive qui alerte depuis plusieurs années sur la gouvernance.
Selon nos informations effectivement, plusieurs membres de Venelle Investissement (membre du Concert familial dans la structure du capital) se seraient avancés, sans qu’aucune piste ne soit retenue. « Alors, qui pour prendre la suite ? Nous adorerions que ce soit quelqu’un de la famille, mais il n’est plus exclu, désormais, que ce soit quelqu’un d’autre », glisse notre interlocuteur.
Ce serait alors la première fois depuis 1857 que l’entreprise sera présidée par un étranger à la famille Lescure. Autre solution : le directeur général actuel Loïc Moutault peut, également, prendre ce deuxième fauteuil. Pour mémoire, cette nomination répond toutefois à un protocole légal et encadré par les clauses des statuts de l’entreprise - disponibles en ligne - et qui prévoient le renouvellement du président en 2028.
« Il faudra quelqu’un qui ne soit pas attiré par le titre, mais par l’aventure SEB, qui a une ambition pour cette magnifique entreprise, leader du savoir-faire français », poursuit Pascal Girardot. Pour lui, le groupe doit également se recentrer sur son coeur de métier : le petit électroménager. « Ces dernières années, 900 M€ ont été dépensés pour acheter des microbes industriels qui font joli sur le catalogue mais dont le groupe ne sait pas vendre les produits : les vélos Angell ou les pianos Lacanche en sont les parfaits exemples », déplore-t-il.
Fédéractive rappelle enfin avoir proposé de « baisser le dividende » il y a quelques mois pour retrouver un peu de marge et contribuer à préserver le consensus social. Sans succès. « Avec le plan Rebond, on demande des efforts aux salariés, mais il aurait été bien que les actionnaires en fassent aussi », conclut-il, redoutant qu’« une crise majeure de gouvernance » n’impacte encore plus le groupe d’ici la fin de l’année.