Entreprises

Resal’Co Agrocarbone veut réconcilier les entreprises avec le crédit carbone

Côte-d’Or. Le cabinet Resal’Co Agrocarbone, basé en métropole dijonnaise accompagne entreprises, collectivités et porteurs de projet dans une approche de la contribution carbone locale, traçable et créatrice de valeur.

Lecture 5 min
Bambou Phyllostachys Edulis
Ici du bambou Phyllostachys Edulis d’une plantation créée en 2021 en Gironde pour le compte d’une société. (Crédits : Resal’Co Arocarbone

Évoquer le crédit carbone, et les mêmes clichés reviennent en boucle : les arnaques financières, incarnées en France par l’affaire Marco Mouly ou les opérations de simple greenwashing. Loïc Le Boulanger en est parfaitement conscient. « Le marché a eu une très mauvaise presse, mais cela ne remet pas en cause le principe du crédit carbone lui-même », explique le fondateur de Resal’Co Agrocarbone, cabinet de conseil basé à Arc-sur-Tille et spécialisé dans la contribution carbone des entreprises. Son ambition est justement de réhabiliter cette filière en privilégiant des projets français ou européens, entièrement traçables et vérifiables. « L’idée est de remettre les pendules à l’heure avec des projets pérennes, localisés en France et en Europe », résume-t-il.

Créée en 2021, « avant que tout le monde ne parle de RSE », Resal’Co intervient auprès de grandes entreprises, de collectivités et d’organisateurs d’événements engagés dans une stratégie de réduction de leurs émissions de CO₂. Le cabinet ne réalise pas de bilans carbone, « un marché déjà largement couvert », mais intervient une fois ce diagnostic établi. « Nous accompagnons les entreprises qui ont déjà engagé leur transition et qui cherchent des solutions concrètes de contribution carbone crédibles et surtout traçables dans le temps », poursuit-il.

Projets en Namibie, Côte-d’Ivoire ou au Bénin

Photo de Loïc Le Boulanger
En médaillon, Loïc Le Boulanger (Crédits : Resal’Co Arocarbone)

Le premier pilier de l’activité consiste à accompagner ces organisations dans ces projets de compensation. Concrètement, Resal’Co identifie et structure des dossiers capables de générer des crédits carbone de qualité. Plantations de bambous, de paulownias, de miscanthus ou encore de procédés industriels permettant d’éviter des émissions de CO2 : le cabinet privilégie des actifs français ou européens, mesurables et certifiés, notamment par le bureau Veritas.

Le deuxième volet de l’activité repose sur les études de faisabilité. « Resal’Co intervient alors en amont de grands projets portés par les entreprises afin d’évaluer leur potentiel de génération de crédits carbone : le cabinet chiffre ici les volumes susceptibles d’être valorisés, accompagne les porteurs de projets dans les démarches de certification et les aide à créer une nouvelle source de revenus », précise notre interlocuteur qui glisse travailler sur ce type de projets en « Namibie, en Côte d’Ivoire ou encore au Bénin, souvent portés par des acteurs privés ou des programmes gouvernementaux ».

Cap sur 2030 et doublement du CA

Troisième axe : la création de méthodologies carbone. Avec AgroCarbone Standard, société basée à Bordeaux dans laquelle il est associé, Loïc Le Boulanger développe des référentiels permettant de mesurer et de certifier de nouveaux procédés de séquestration ou d’évitement. Cette expertise de niche intéresse aussi bien des industriels innovants que des cabinets de fusion-acquisition souhaitant intégrer ces actifs verts dans la valorisation des entreprises. « Mon rôle consiste à analyser la fiabilité des données carbone, identifier les risques réglementaires et financiers, et évaluer les crédits ou projets carbone détenus par les sociétés ciblées. Resal’Co Conseil peut également révéler de nouveaux leviers de création de valeur : cette expertise est proposée en sous-traitance/cotraitance tout en laissant au cabinet M&A la maîtrise complète de la relation client », précise l’expert.

Avec une quarantaine de clients dans son portefeuille, grandes groupes français et européens compris, l’activité devrait approcher 200.000 € de chiffre d’affaires en 2026 sur la seule branche conseil. Le Côte-d’orien vise désormais un doublement de ce volume d’ici 2030, avec les premiers recrutements attendus dès 2027.