« Rêves de gosse » fait décoller l’inclusion
Yonne. Le 18 mai, l’aéroport d’Auxerre-Branches accueillera une étape de « Rêves de gosse », portée localement par la Jeune chambre économique (JCE).
Sur le papier, l’idée est simple : faire monter dans des avions des enfants, en mêlant publics en situation de handicap et valides. « Il n’y a pas beaucoup de projets qui mélangent ces enfants », souligne Esther Vito, ancienne présidente de la JCE Auxerre. Dans les faits, l’organisation de « Rêves de gosse » ressemble davantage à un petit casse-tête. À Auxerre, la Jeune chambre économique s’est emparée du projet avec une commission de six personnes, pilotée par Adnan El Barrak. « On n’est pas dans quelque chose de commercial, c’est vraiment un projet de coeur », insiste-t-il. Mais pour que le rêve prenne forme, il faut des moyens : le budget atteint 30.000 €, avec encore « 12.000 € à aller chercher ».
Alors, il faut convaincre. « On a fait des réunions, lancé des appels au partenariat… et les entreprises ont répondu », explique-t-il. Parmi elles, le Medef, partenaire majeur. D’autres participent autrement. « On aide à notre manière, en ne leur faisant pas payer certaines taxes », détaille Christophe Bichot, le directeur de l’aéroport d’Auxerre-Branches.
Le coeur de l’événement reste fixé au 18 mai. Ce jour-là, « 140 enfants voleront l’après-midi ». Mais la journée ne se limite pas à ça, avec une réception qui réunira bénévoles et équipages après 18 heures. L’événement est ouvert, « mais sur invitation ». En amont, les enfants auront déjà participé à plusieurs activités. « Il y a quatre après-midis où ils vont faire des ateliers artistiques », précise Adnan El Barrak. Les oeuvres réalisées seront ensuite exposées dans le village installé pour l’événement. Côté logistique, tout s’organise. « On prépare 200 repas », explique Estelle Dellot, conseillère technique des politiques institutionnelles pour le ministère de la Justice. Avec au menu un jambon à la chablisienne. D’autres jeunes accompagnés seront aussi présents. « On en a 16 qui viennent le 18 mai », dans la continuité d’autres actions menées sur le territoire, notamment avec la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).
Dernière ligne droite avant le décollage
Au-delà de l’événement, la JCE y voit aussi une façon de se faire connaître. « Le but, c’est aussi de montrer ce qu’on fait », reconnaît Adnan El Barrak. L’association, qui regroupe des 18-40 ans, mise sur ces projets pour « répondre à des besoins du territoire » et « créer du lien ». Reste une inconnue de taille : la météo. Car pour que les avions puissent décoller, la condition est simple. « Il faut qu’il fasse beau. » À deux mois de l’événement, tout n’est donc pas encore totalement figé. « On continue de chercher des partenaires », glisse encore l’équipe. Mais une chose est sûre, le 18 mai, à l’aéroport d’Auxerre-Branches, il y aura du monde sur le tarmac.