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Schmit TP, la réussite discrète

Côte-d’Or. L’entreprise Schmit TP, fondée en 1987 par Nicolas et Nadine Schmit, est désormais co-dirigée par leurs enfants, Emeline et Mathieu. La TPE est devenue une holding qui gère deux sites de production et une carrière, capable de gérer des chantiers de A à Z (constructions agricoles, terrassements, soutènements, canalisations, stations d’épuration, assainissement...) pour les particuliers comme les collectivités en restant fidèles à ses valeurs : proximité, rapidité et fidélité à son berceau, le Châtillonnais.

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Vue du site de Vanvey, avec la centrale béton. (Crédit : JDP.)

L’une est déterminée mais réfléchie, l’autre ne tient pas en place : Émeline et Mathieu Schmit, frère et soeur dans la vie, sont également inséparables dans les bureaux, comme le prouve le nom de la holding qui chapeaute les activités de Schmit TP : SAS Emma, contraction de leurs prénoms. Un joli symbole pour cette entreprise familiale fondée par leurs parents en 1987, restée fidèle à ses racines châtillonnaises.

Un duo complémentaire

Le duo affiche une complémentarité de caractères au service de la performance : à elle la présidence et la rigueur de la gestion (administration, RH, juridique), à lui la direction générale et l’énergie du terrain. Si Mathieu, entré en 2001 comme ouvrier après un CAP, a gravi tous les échelons pour asseoir sa légitimité, Émeline a rejoint l’aventure en 2009 après un passage chez Veolia, débutant comme laborantine. Cette transition s’est finalisée avec le départ en retraite des fondateurs en 2021 et 2023, laissant les mains libres à une relève unie.

L’agilité comme modèle économique

Avec 55 salariés et un CA de 9 M€, Schmit TP s’illustre dans des métiers divers : réseaux, branchements, assainissement, voierie… avec une constante : la proximité et la rapidité. « Un devis, c’est répondu dans les 24 h », tranche Mathieu. Pour garantir ce niveau de services, l’entreprise a déployé une organisation logistique millimétrée : un stock massif de pièces détachées suivi par codes-barres ; une flexibilité opérationnelle grâce à des équipes agiles et des personnels d’astreinte pour les urgences ; une trésorerie robuste permettant d’assumer l’immobilisation de capital liée au stock. Cette célérité permet de capter une clientèle variée, des particuliers aux grandes collectivités, sur des marchés allant « de 1.000 à 2 M€ », selon Mathieu Schmit.

Maîtrise de la chaîne de valeur

Emeline et Mathieu Schmit, devant la fresque réalisée à l’occasion des 35 ans de l’entreprise.(Crédit : JDP)

La force de Schmit TP réside dans sa capacité à contrôler les chantiers de bout en bout. Sa carrière de Prusly-sur-Ource fournit la matière première nécessaire aux deux centrales à béton du groupe. Situées à Vanvey, à quelques centaines de mètres du siège et à Saint-Cyr-Sur-Menthon (Ain), elles représentent près de 2 M€ d’investissements. Cette autonomie a permis une diversification stratégique vers la préfabrication d’éléments en béton : « Tetra bloc » : des blocs comme des Lego pour murs de soutènement et espaces extérieurs ; « Redi Rock », une franchise américaine de blocs techniques permettant des structures monumentales présentant des courbes concaves ou convexes et, enfin, la fabrication sur-mesure de pièces massives pour l’ossature de bâtiments agricoles ou tertiaires. Cette intégration verticale permet à Schmit TP d’être présent de la conception en bureau d’étude jusqu’à la pose sur chantier, traitant ainsi 15 à 20 devis par jour pour la seule partie préfabrication.

Gouvernance familiale

La solidité de la société Schmit TP s’explique, enfin, par cette gouvernance familiale. Mathieu, entré en 2001 comme simple ouvrier après son CAP, a fait tous les métiers pour avoir une vraie légitimité au poste qu’il occupe maintenant. L’entrée dans l’entreprise pour « l’aîné et le seul garçon », comme le souligne Émeline, a été une évidence : « J’ai toujours traîné dans les pattes de mon père depuis tout petit », se souvient Mathieu. Émeline en revanche, est d’abord passée par un BTS en alternance au groupe Veolia à Châtillon-sur-Seine avant d’intégrer l’entreprise comme laborantine en 2009 à l’analyse des matériaux recyclés, puis aux plans de récolement (document technique qui représente précisément les travaux réalisés, pour en assurer la conformité avec le projet initial et faciliter la gestion des réseaux à long terme, Ndlr). « J’ai toujours adoré », dit-elle. Ils sont su convaincre puisque lorsque Nicolas a pris sa retraite en 2021, il a laissé les mains libres à la deuxième génération, permettant une transmission sereine à Émeline et Mathieu. Certes, diriger en famille n’empêche pas que, parfois, « Ça gratte fort » reconnaissent-ils, mais… « On ne fait pas beaucoup de marges dans le TP, conclut Émeline, et il y a de la concurrence. Il faut être soudés pour tenir et nous, nous sommes solidaires dans l’adversité ».