SCLS portée par un secteur à haute tension
Yonne. Reprise il y a quatre ans par deux Icaunais, l’entreprise désormais villeneuvienne connaît une croissance ébouriffante, boostée par la profonde transformation du réseau électrique français et européen.
Dans l’univers stratégique des infrastructures énergétiques, certaines entreprises avancent dans l’ombre de grands groupes et jouent pourtant un rôle décisif dans la transition énergétique. À Villeneuve-sur-Yonne, la société SCLS s’est imposée, en quelques années, comme un maillon essentiel du raccordement de câbles haute tension. Créée en 2016 à Nantes, SCLS (Service et conseil en liaison souterraine) a pris un nouvel élan en 2022 avec sa relocalisation dans le Sénonais et son rachat par Philippe Layer et Michael Potvin, deux professionnels aguerris. Positionnée sur le segment pointu des liaisons HT - ces câbles capables de transporter des tensions de 90.000 à 400.000 volts - elle intervient principalement pour le compte les grands donneurs d’ordre du secteur et dans le sillage de projets d’infrastructures d’ampleur.
Sur le terrain, la société villeneuvienne intervient souvent en sous-traitance, aux côtés des majors du génie civil, pour des opérations techniques telles que la coupe, le capotage ou encore les essais après déroulage. Une activité qui représente environ 20 % de son chiffre d’affaires. Le coeur de métier reste toutefois le montage et le raccordement des câbles, réalisés en lien direct avec les fabricants européens. Depuis son rapatriement dans l’Yonne, la croissance n’a jamais fléchi puisque les effectifs sont passés de 5 à 18 salariés en trois ans, pour un chiffre d’affaires avoisinant désormais les 3 M€. Une dynamique largement portée par les mutations profondes du réseau électrique, en France comme en Europe.
Une certaine idée du compagnonnage
L’essor des énergies renouvelables, conjugué à la modernisation des infrastructures de transport d’électricité, génère donc une demande soutenue en main-d’oeuvre alors que les compétences, elles, sont rares puisqu’il n’existe pas de cursus spécifique, souligne Philippe Layer. « Il faut apprendre sur le tas, un peu comme lors d’une transmission de père en fils. Devenir monteur nécessite ainsi entre trois et cinq ans d’apprentissage. Nous utilisons des méthodes ancestrales comme la soudure au plomb. Dans ce métier très technologique, il y a aussi une vraie dimension artisanale. »
Difficulté supplémentaire au recrutement : l’éloignement géographique. Les chantiers se déploient aux quatre coins du territoire et les équipes partent « en déplacement » la semaine entière. Malgré une rémunération attractive, il peut être difficile pour un compagnon de concilier le métier avec une vie de famille. À terme, l’entreprise projette néanmoins de recruter une dizaine de nouveaux collaborateurs. Quant au site de Villeneuve-sur-Yonne d’une superficie d’environ 1.200 m², il fait surtout office de centre administratif et d’entrepôt de stockage. Ainsi que de camp de base : « Nous formons une sorte de confrérie où tous se serrent les coudes. Il est important d’avoir un lieu où nous pouvons nous retrouver. »