Shein ouvre son corner aujourd’hui au BHV
Commerce. Le BHV de Dijon, tout comme ceux de Limoges, Angers, Grenoble et Reims est concerné.
Rue de la Liberté, le BHV de Dijon (ex-Galeries Lafayette), tout comme ceux de Limoges, Angers, Grenoble et Reims ouvriront au public leurs corners Shein. « Ces espaces s’inscrivent dans le cadre du partenariat expérimental en cours entre le groupe Société des Grands Magasins (SGM) et Shein visant à intégrer une marque digital-first dans l’écosystème d’un magasin physique, afin de répondre aux nouveaux usages des consommateurs », arguent les deux entités dans un communiqué. Une sélection hivernale puis, à partir une sélection plus large de références saisonnières ainsi qu’un « mix produits affiné, en phase avec les préférences observées localement […] permettra aux équipes d’ajuster la sélection et le parcours client en fonction des retours clients, afin que l’expérience en magasin évolue au plus près des attentes locales, poursuivent-elles. L’expérience proposée s’inscrit ainsi dans un dialogue entre deux modèles complémentaires : l’expertise technologique d’un acteur digital et le savoir-faire d’un grand magasin de centre-ville ».
Le rapprochement de SGM, la foncière fondée en 2018 par Frédéric et Maryline Merlin, qui exploite des magasins emblématiques (BHV Marais et BHV Parly 2), sept magasins (ex-Galeries Lafayette) affiliés en région dont celui de Dijon et 11 centres commerciaux en France avec le géant chinois de l’ultra-fast fashion Shein a fracturé le paysage commercial français. Le groupe Galeries Lafayette a par exemple, interdit l’utilisation de son nom dans les magasins affiliés SGM, qui arborent désormais l’enseigne BHV et a occasionné la fuite de plusieurs marques, un exode qui a connu son acmé lorsque Shein a été impliqué dans la vente de poupées pédopornographiques à visage enfantin qui est venu s’ajouter aux impayés, dénoncés par de nombreuses marques présentes dans les magasins exploités par SGM. Par exemple, le BHV Marais « doit à des dizaines d’entreprises » une somme totale comprise « entre 13 et 17 M€ », estimait le 7 février dernier Yann Riovallan, président de la fédération française du prêt-à-porter féminin, au micro de France 3 Ile-de-France. Le rapprochement avec Shein avait, dès octobre 2025, coupé court aux négociations de SGM avec la Banque des Territoires visant à la création d’une foncière commune pour le rachat des murs du BHV Marais, propriété du groupe Galeries Lafayette. Fin janvier, Galeries Lafayette a annoncé avoir vendu les murs du BHV au gestionnaire d’actifs canadien Brookfield, SGM en conservant tout de même l’exploitation.
À Dijon, plusieurs marques dont Sandro, Maje, Claudie Pierlot et Fursac… ont déjà choisi de quitter les rayons de ce qui est devenu le BHV. Soucieuses de contrôler au maximum la communication sur cette ouverture à haut risque, Shein et BHV ont assorti leur communiqué d’un avertissement aux médias : « Les journalistes souhaitant se rendre en magasins à partir du 25 février sont invités à réaliser une demande préalable. Merci de préciser le nom du média, les nom et prénom des personnes présentes ainsi que le nombre d’accompagnants et leur identité ».