Entreprises

Simplifier le travail de la filière bois et forêt

Côte-d’Or. Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, s’est rendu en forêt en Côte-d’Or pour rencontrer les professionnels de la filière et annoncer une démarche de simplification.

Lecture 3 min
Mathieu Lefèvre
Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, s’est rendu dans la forêt et la commune d’Agey pour rencontrer les représentants de la filière afin d’échanger sur leurs problématiques. Crédit : JDP.

« Faut nous laisser travailler ! » Plusieurs acteurs de la filière bois ont adressé ce message et partagé leurs inquiétudes à Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, venu les rencontrer à Agey, en Côte-d’Or. Pointant du doigt les réglementations, parfois contradictoires, qui pèsent sur leurs professions, ils ont notamment mentionné l’article L 411 du code forestier. « Nous rencontrons des blocages liés à l’interprétation des textes comme dans la protection des espèces. Nos professionnels vivent dans l’insécurité juridique », a souligné Michel Bazin, vice-président forêt de Fédération Nationale Entrepreneurs des Territoires.

Les interventions des représentants de la filière bois ont mis l’accent sur la difficulté pour leurs entreprises d’investir sans garantie de pouvoir utiliser le matériel tout au long de l’année ni de pouvoir faire travailler leurs équipes qui préféreront s’expatrier dans d’autres pays. La filière bois régionale représente 23 500 emplois répartis dans 1 600 entreprises de transformation et 450 sociétés de travaux forestiers pour un chiffre d’affaires global d’un milliard d’euros. « Les travaux forestiers restent indispensables pour développer la filière. Sans exploitation forestière, on ne pourra pas décarboner notre société », a complété Anne Duisabeau, présidente de France Bois Forêt.

Un mot d’ordre : simplifier

Mathieu Lefèvre
Mathieux Lefèvre (Crédits : JDP)

En réponse, Mathieu Lefèvre souhaite intervenir sur les points de dysfonctionnement autour de ce qu’il qualifie de « filière d’excellence » alors que le code de l’environnement a triplé de taille depuis 2000 aux dires du ministre. Il a donc commencé par insister sur la nécessaire simplification. « Nous lançons un moratoire sur le cahier des charges. Nous devons simplifier en restant précautionneux. Ensuite, nous allons créer un guide de bonnes pratiques avec l’OFB et le CNPF qui sera opposable par les entreprises. Nous allons standardiser les mesures pour que ce soit plus clair, plus lisible et plus proportionné. Ainsi, si une entreprise applique le guide, elle n’aura pas à solliciter de dérogation pour les espèces protégées. »

Le ministre a complété son propos en préconisant aux services de contrôle de l’OFB de faire preuve de plus de discernement. « Productivité et compétitivité ne sont pas de gros mots. Nous devons les concilier avec la biodiversité et encourager le dialogue plutôt que la verbalisation. » Mathieu Lefèvre a profité de sa venue en Côte-d’Or pour signer des annexes vertes, « attendues sur le territoire », visant à gagner en temps et en efficacité dans les procédures.