Le géant alsacien de l’étanchéité et de l’isolation Soprema (5,14 Mds € de CA en 2024), a inauguré ce 5 février 2026 sa nouvelle unité de production à Beaune. Ce site industriel de pointe de presque 15.000 m2, dédié à la ouate de cellulose, est le deuxième site de production de ce type en France pour le groupe, premier fabricant français de cet isolant biosourcé. Le site côte-d’orien offre à Soprema un écrin idéal pour son process, breveté, de transformation de la glassine (le support sur lequel sont livrées les étiquettes adhésives) en un matériau destiné à la construction qui, au-delà de ses propriétés thermiques supérieures aux laines minérales, résulte d’une fabrication par broyage puis d’adjonction d’additifs, sans utilisation d’eau. Il est aussi durable, puisqu’il conserve ses propriétés sur plusieurs décennies et est réutilisable.
La glassine, relais de croissance stratégique
Depuis 2009, Soprema commercialisait une ouate de cellulose exclusivement fabriquée à partir de papier recyclé, issu notamment de la presse quotidienne. Mais la baisse drastique de cet approvisionnement a poussé le groupe à chercher un autre relais de croissance. Sa R&D a donc mis au point cette solution inédite à partir de la glassine, que le groupe collecte auprès de presque un millier de fournisseurs français, regroupe en points de massification puis achemine dans son usine de Cestas (Gironde)... et désormais à Beaune.
L’implantation des sites Soprema dans deux régions viticoles, fortes utilisatrices d’étiquettes et donc de glassine, est logique, Soprema souhaitant capitaliser sur le sourcing. Le choix de la Bourgogne était stratégique pour le groupe, qui voulait un site propice à desservir la façade Est de la France ainsi que les marchés d’Europe du Nord et de l’Est ; les facilités offertes par Beaune « ainsi que l’aide des élus locaux et de l’État », a insisté Pierre-Étienne Bindschedler, président de Soprema, ont été déterminantes et ont permis à l’Alsacien de disposer d’un foncier en bordure de l’A6. Avec une capacité de production annuelle de 25.000 tonnes, le site de Beaune est présenté par le groupe comme le modèle industriel le plus performant au monde pour la ouate de cellulose. Sa production journalière permet d’isoler environ 160 combles, et évite la mise au rebut d’un déchet, jusqu’ici incinéré ou enfoui, qui coûtait 250 €/ tonne à évacuer aux utilisateurs. Soprema estime à 550.000 tonnes / an, le volume de glassine enfoui ou brûlé en Europe.
Un bâtiment totem de la démarche RSE
Au-delà de sa fonction productive, l’usine elle-même incarne les solutions durables du groupe. Le bâtiment intègre une isolation en ouate de cellulose Pavacell, une toiture végétalisée pour favoriser la biodiversité, ainsi que des dispositifs « Cool Roof » pour lutter contre les îlots de chaleur. L’édifice est également équipé de panneaux photovoltaïques pour une énergie décarbonée (10% de la consommation de l’usine est ainsi autoproduite) et d’un système de récupération des eaux pluviales pour le réseau sanitaire et l’entretien des espaces verts.
Reste maintenant à convaincre : contrairement à l’Amérique du Nord qui privilégie la ouate de cellulose dans ses constructions, l’Europe est encore très sensible aux lobbys des solutions minérales.