Un nouvel opérateur pour les « Flying doctors »
Santé. Avialpes, via sa filiale d’avions-taxis, a remporté le nouvel appel d’offres du Centre hospitalier de l’agglomération de Nevers pour assurer l’exploitation du dispositif des « Flying Doctors » du CHU de Dijon vers le CH Pierre Bérégovoy. Avant de possibles développements sur des vols commerciaux ?
Ce sera le troisième opérateur pour le dispositif des « Flying Doctors », lancé en 2023. Après Fly 7 et Revolution’air, c’est Avialpes qui assurera les rotations sanitaires entre Dijon et Nevers. Les médecins embarqueront dans un Diamond DA62, un bimoteur de dernière génération permettant de « cruiser » à 320 km/h, rapprochant les deux infrastructures à 40 minutes de vol, contre 3h de route.
Concrètement, « deux allers-retours sont prévus par semaine » et chaque vol doit permettre d’acheminer « quatre à huit praticiens selon les spécialités programmées », précise l’opérateur. Les missions concernent principalement des disciplines en tension sur le site nivernais, comme la gynécologie-obstétrique, la réanimation, la chirurgie pédiatrique ou encore la médecine nucléaire.
« Rapprocher les gens »
L’objectif reste identique depuis la création du dispositif : garantir la continuité d’activités spécialisées sans transférer systématiquement les patients vers Dijon. Le Centre Hospitalier de Nevers faisant, effectivement, face à un sous-effectif chronique : il manque régulièrement entre 20 et 50 médecins, ainsi que 10 à 35 infirmières. Pour Emmanuel Rety, associé chez Avialpes, cette nouvelle étape s’inscrit dans une logique d’aviation « utile ». Il revendique un outil pensé pour la « santé publique et la connexion des territoires, mais aussi pour rapprocher les gens ».
Moteurs moins gourmands en carburant
Alors oui le chef d’entreprise le sait : le convoyage par les airs coûte cher, surtout en empreinte carbone. Mais notre interlocuteur tient ses arguments : son appareil consomme « 30 à 35 litres par trajet » et est capable de transporter quatre médecins, « soit un potentiel d’une trentaine de patients pris en charge par vol. C’est autant de personnes qui ne prendront pas leur voiture ». Il rappelle également que l’aviation d’affaire, commerciale mais aussi sanitaire, évolue depuis plusieurs années vers des moteurs moins gourmands, capables d’accepter des carburants verts de type Saf (sustainable aviation fuel), voire même électriques. Son Diamond, est d’ailleurs agréé pour accueillir ce carburant bio.
Créée en 2012, la société alpine, qui affiche un solide chiffre d’affaires de 3,5 M€ et 30 collaborateurs, souhaite désormais poursuivre sa diversification vers le transport de greffons et de produits sensibles, tout en affichant des ambitions environnementales via les carburants d’aviation durable et des réflexions autour de l’électrique. Si Avialpes opère depuis Annecy, l’appareil, lui, est basé à l’aéroport Dijon Bourgogne depuis cette fin mai.