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Un rover quantique à la recherche d’hélium nivernais

Nièvre. À Saint-Parize-le-Châtel, un rover semi-autonome conçu par la société Exail utilise une technologie quantique pour cartographier le sous-sol sans aucune excavation.

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Photo de rover développé par Exail
Le rover développé par Exail. Crédit : Exail.

Opéré par la société 45-8 Energy - qui a obtenu pour cinq ans un permis exclusif de recherches - le site de Fonts-Bouillants, à Saint-Parize-le-Châtel accueille actuellement un invité singulier : un rover semi-autonome conçu par l’entreprise française Exail, en collaboration avec le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Voir à travers la roche grâce aux atomes

Le secret de cette machine réside dans son « gravimètre quantique ». « Concrètement on mesure l’accélération d’une masse en chute libre dans le vide, la masse en question étant un nuage d’atomes. Cela permet de déterminer la gravité avec une extrême précision. Cette gravité est directement reliée à la quantité et à la densité de matière dans le sous-sol sous nos pieds », explique Camille Janvier, physicien chez Exail en charge du développement de cet équipement.

Ainsi, l’appareil est capable de détecter des vides, des cavités ou des différences de densité rocheuse sans avoir à creuser. Sur ce site précis de la Nièvre, qui couvre une zone de 251 km², l’objectif est de modéliser un cône de sédiments formé par des failles géologiques qui piègent d’importantes quantités d’hélium. Ce gaz, crucial pour de nombreuses industries, pourrait faire l’objet d’une exploitation industrielle unique en France d’ici 2029-2030, la Nièvre étant une région connue depuis l’Antiquité pour abriter des sources carbo-gazeuses exploitées initialement pour du thermalisme puis comme eaux minérales.

Une étape clé pour l’Europe

Ce test grandeur nature s’inscrit dans le cadre du projet européen FIQUgS. C’est la troisième et dernière étape d’une série d’expérimentations menées ce printemps : après avoir révélé un fossé médiéval à Reims et un tunnel enfoui aux Pays-Bas, la technologie s’attaque désormais à la gestion des ressources naturelles dans la Nièvre.

Si cette technologie est déjà utilisée par des volcanologues sur l’Etna pour anticiper les mouvements de magma, c’est la première fois qu’elle est appliquée à la mesure des flux gazeux naturels du sous-sol. Le capteur d’Exail, fruit de dix ans de développement sur le site de Gradignan, où ont été commercialisés en 2018 les premiers capteurs quantiques industriels au monde, demeure l’un des seuls capable de fonctionner directement sur le terrain en toute autonomie. « À noter également, que bien qu’il ne soit pas directement impliqué dans ce projet, le site d’Exail à Besançon collabore étroitement avec les équipes de Gradignan sur le développement de ces futurs systèmes optiques et quantiques », précise Simon Jumel, responsable de la communication scientifique chez Exail.