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Un second souffle pour les tourets de câbles électriques

Yonne. À Villeneuve-sur-Yonne, Maxime Peyronny propulse Eco-Tourets au coeur de l’économie circulaire locale. Un pari industriel et écologique déjà gagnant.

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À seulement 23 ans, Maxime Peyronny affiche déjà une vision claire : transformer un secteur de niche, le recyclage de tourets (la « bobine » sur laquelle sont conditionnés les câbles électriques), en un levier écologique majeur. Ce projet est le fruit d’un parcours académique brillant et international. Diplômé en management et commerce international à l’Université de Créteil, Maxime Peyronny s’envole ensuite pour le Canada afin d’y décrocher un MBA en gestion internationale à l’Université Laval (Québec). C’est outre-Atlantique que le déclic se produit. Inspiré par l’expertise de sa mère, fondatrice de la société sénonaise ADKA spécialisée dans l’import-export de câbles, il consacre son mémoire de fin d’études à l’optimisation de la gestion durable des tourets.

Porté par l’enthousiasme entrepreneurial canadien, il décide de franchir le pas et en avril 2025, Eco-Tourets voit officiellement le jour. Le principe est simple : l’entreprise reprend gratuitement les tourets. Ceux-ci sont triés, revalorisés ou transformés en matériaux recyclés. Chaque touret est identifié par un QR Code unique, assurant une traçabilité complète. Le label « Eco-Tourets », offre à l’entreprise une preuve de valorisation, optimisable dans le cadre de sa politique RSE.

Un ancrage local fort

C’est au coeur d’un vaste site industriel de 2.700 m² situé à Villeneuve-sur-Yonne qu’Eco-Tourets a pris forme. Si Maxime Peyronny a toujours vécu en région parisienne, c’est vers ses racines familiales qu’il s’est tourné pour implanter son activité. Le choix de Villeneuve-sur-Yonne a initialement été guidé par une certaine « commodité financière » et l’accessibilité du foncier, mais la réalité du terrain a rapidement dépassé les attentes du chef d’entreprise. Le jeune entrepreneur découvre un territoire au tissu industriel dense et, surtout, des acteurs locaux particulièrement à l’écoute.

Capital : 60.000€

Maxime Peyronny a rapidement su gagner la confiance de partenaires stratégiques, dont le Sycabel (Syndicat professionnel des fabricants de fils et de câbles électriques et de communication) qui lui a également proposé un solide partenariat. Des experts du secteur, convaincus par la pertinence du modèle, ont ainsi investi 60.000€ dans l’entreprise. Cet apport financier a permis l’acquisition d’un équipement logistique de pointe, notamment un Renault Master de 30 m3, avec lequel il transporte autour de 20 tonnes de tourets par mois, au minimum, et un chariot élévateur. Symbole de cette crédibilité naissante, une convention d’un an reconductible a été signée avec Enedis. Si cet accord reste plus symbolique qu’engageant dans l’immédiat, il pose les bases de collaborations futures majeures et suscite déjà l’intérêt de nombreuses autres entreprises.

Les tourets : un enjeu écologique

Face au durcissement de la loi Agec (anit-gaspillage pour une économie circulaire), Maxime Peyronny a pris une longueur d’avance. Depuis janvier 2025, son modèle répond à l’obligation pour les entreprises de s’inscrire dans des filières de Responsabilité élargie du producteur (REP) pour leurs emballages industriels. Loin de subir cette contrainte, les acteurs du secteur sont désormais demandeurs de solutions vertueuses, conscients de l’urgence écologique. Pour eux, Eco-Tourets est une clé de conformité face au coût du recyclage. L’enjeu se cristallise sur les modèles de grande taille, que seuls les géants comme Prysmian ou Nexans peuvent réinjecter dans leur circuit. Le dirigeant villeneuvien s’attache désormais à convaincre ces leaders de franchir le pas du réemploi.