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93e année

Une fabrique à loisirs XXL ouvre à Besançon

Loisirs. Porté par deux entrepreneurs francs-comtois aux parcours complémentaires, l’un possède deux bowlings et l’autre travaille dans l’hôtellerie restauration, le complexe multi-activités baptisé Aux Ateliers ouvrira ses portes mercredi 15 décembre au coeur de la zone commerciale de Valentin de Grand Besançon Métropole.

Baptisé “Aux Atel !ers” avec un point d’exclamation à la place du i - une ponctuation que l’on retrouve également dans le logo formé de deux A majuscules suivis du fameux point (AA !), comme un double rappel à la démesure du projet - le nouveau complexe multi-loisirs qui ouvrira ses portes, le 15 décembre, à Grand Besançon Métropole est, par bien des points, hors-normes. Cette « fabrique à loisirs », comme la nomme les deux entrepreneurs et amis franc-comtois Antony Serra et Christophe Boillot à l’origine du projet, affiche tout d’abord d’impressionnantes mensurations.

Le complexe qui prend vie dans l’ancienne métallerie Sodex Obliger, toujours propriétaire des lieux, situé sur la commune de Miserey-Salines, au Nord de Besançon, s’étend ainsi sur plus de 7.000 mètres carrés de surface (dont 804 mètres carrés de mezzanine créés tout spécialement) et figure parmi les plus grands complexes indoor de France. Côté contenu, diversité et abondance sont de mises. Entièrement repensé par le cabinet dijonnais Cristalead Ingénierie, concepteur et constructeur en immobilier d’entreprise, le site accueille notamment un bowling 24 pistes de 1.500 mètres carrés, disposant d’un écran Led géant sur toute la longueur des pistes (45 mètres) pour projeter des messages d’anniversaire, des photos, vidéos et même des matchs de foot.

Un complexe abritant de multiples activités

« Derrière un tel dispositif XXL se cache quelque 100 kilomètres de câbles ! », confie Nicolas Parisot, ingénieur, co-créateur, en 2012, avec Claude Grandperrin, également ingénieur, de Cristalead Ingénierie, dessinant ainsi une première esquisse de la complexité technique de ce projet aux atours de Goliath. « La gageure fut de transformer cette usine plutôt ancienne en un Établissement recevant du public (ERP), c’est-à-dire répondant à des normes strictes en matière réglementaire et de sécurité incendie (détecteurs, coupe-feu, système de désembuage...), le tout en un temps assez contraint, puisque nous avons obtenu le permis de construire en août 2020, démarré les travaux mi-mars 2021, pour une ouverture prévue neuf mois plus tard », témoignent les deux ingénieurs habitués à relever les challenges en combinant écoute des attentes du client, conceptions fonctionnelles et économiques ainsi qu’une coordination de travaux et une exécution de qualité.

« Pour la piste de bowling, nous avons par exemple dû retirer un certain nombre de poteaux, sans nuire à la stabilité du bâtiment. Nous avons également dû penser la disposition des différents espaces afin de répondre à la fois à des contraintes de fluidité, mais aussi de confort sonore, notamment pour les parties de restauration, mises à l’écart des zones de jeu les plus brillantes. Enfin, des absorbeurs phoniques ont été placés au-dessus des tables à l’étage, complète Claude Grandperrin, qui a par ailleurs dû faire face à des retards dans l’approvisionnement des matériaux liés à la crise sanitaire. Sans compter que les cuisines, l’hôtel et la salle de séminaire, apportaient eux-aussi leur niveau de réglementation et d’exigence technique spécifiques, tout comme l’accueil de très jeunes publics ».

« Avec cette salle, nous répondons à une demande forte et ambitionnons de faire matcher loisir, travail et restauration dans une optique Team building, le temps d’une journée, voire sur plusieurs jours »

À l’immense « jeu de quilles », activité ludique phare, s’ajoute, au rez-de-chaussée, deux ambiances de restauration (snacking, sandwicherie, goûter et brasserie) un laser-game de 300 mètres carrés, une zone d’escalade Clip & Climb de 200 mètres carrés, un ensemble de trampolines sur 600 mètres carrés, une plaine de jeux pour enfants de 600 mètres carrés, une petite scène musicale, une salle d’arcade et, à l’étage, un espace feutré, de plus de 300 mètres carrés, composé d’un restaurant bistronomique, d’une vinothèque et de huit tables de billard.

Loisirs, resto, boulot, dodo

Mais ce n’est pas tout... Ce lieu unique n’a pas été pensé que pour les familles (toutes les tranches d’âges pouvant être réunies sous un même toit) et le divertissement. Idéalement situé à la sortie de l’autoroute A36, au coeur de la zone commerciale dynamique de Valentin, le complexe a également été conçu pour l’accueil de la clientèle d’affaires avec notamment une salle de séminaires modulable de 210 mètres carrés, pouvant accueillir jusqu’à 180 personnes. « Avec cette salle, nous répondons à une demande forte et ambitionnons de faire matcher loisir, travail et restauration dans une optique Team building, le temps d’une journée, voire sur plusieurs jours », argue Antony Serra, également gérant et chef de cuisine du Château de la Dame Blanche à Geneuille, dans le Doubs.

Ce cuisinier de formation de 40 ans, qui affiche 20 ans d’expérience au sein de restaurants étoilés, a pensé son projet, dans les moindres détails, avec son complice Christophe Boillot, 43 ans, gérant de deux bowlings à Audicourt, dans le Doubs et Belfort. Complété par un Hôtel quatre étoiles de 22 chambres sur deux étages, qui ouvrira au printemps 2022 et dont un Spa en sous-sol est déjà en projet, le site, qui peut recevoir jusqu’à 1.500 personnes (240 places de parking extérieur), entend ainsi offrir une amplitude d’ouverture record qui va du petit déjeuner jusqu’à tard dans la soirée.

Ce projet 100% privé d’un montant total de huit millions d’euros (dont trois millions d’euros pour la réhabilitation) permettra la création d’une cinquantaine d’emplois. Il bénéficie du concours bancaire du CIC Est, de la BNP, et du soutien de Bpifrance qui ont cru à ce projet dès les premières démarches des deux dirigeants. Ces derniers ont également pu compter sur le soutien de Grand Besançon Métropole, du Conseil municipal de Miserey-Salines et d’un pool régional d’investisseurs privés.

Frédéric Chevalier