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Une ferme rachetée pour cultiver l’avenir en commun

Yonne. Une ancienne exploitation agricole de Druyes-les-Belles-Fontaines vient d’être rachetée par une coopérative citoyenne menée par Thomas Gueret. L’objectif ? Créer un tiers-lieu agricole mêlant maraîchage bio, habitat partagé, activités associatives et développement local.

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Photo de Thomas Gueret
L’exploitation agricole de Druyes-les-Belles-Fontaines vient d’être rachetée par une coopérative citoyenne menée par Thomas Gueret. Crédit : JDP.

À quelques pas du château de Druyes-les-Belles-Fontaines, une ancienne ferme s’apprête à connaître une seconde vie. Une Société coopérative d’intérêt collectif menée par Thomas Gueret, a récemment acquis l’ensemble immobilier pour 166 000 € auprès de la famille de l’ancien exploitant agricole. Le site comprend une maison d’habitation, plusieurs bâtiments agricoles et environ 5 000 m² considérés comme directement exploitables. Un foncier qui offre un potentiel important pour développer une activité maraîchère en agriculture biologique et en circuit court.

« Nous, on dit qu’on a un projet nourricier local, résume Thomas Gueret. L’idée, c’est que des agriculteurs puissent produire ici pour nourrir Druyes, puis les alentours et, pourquoi pas, de plus en plus loin. » Les porteurs du projet souhaitent y accueillir un ou plusieurs agriculteurs capables de produire légumes, petits fruits ou plantes aromatiques destinés en priorité aux habitants du territoire.

Mais la vocation du lieu dépasse largement la seule production agricole. Les bâtiments pourraient accueillir un laboratoire de transformation, des espaces de stockage mutualisés, un gîte que Thomas Gueret considère comme le « fer de lance » du projet, des ateliers ou encore un café associatif. La maison d’habitation pourrait également être utilisée dans le cadre d’un projet d’habitat partagé. « On veut faire une sorte de tiers-lieu agricole, un endroit où se croisent différentes activités, différentes personnes, où il y a des rencontres et un foisonnement d’idées », explique le porteur du projet. Pour financer cette transformation progressive, la coopérative compte sur l’arrivée de nouveaux sociétaires et sur le développement d’activités génératrices de revenus.

Échapper à la spéculation

Si les initiateurs du projet ont choisi la forme coopérative, ce n’est pas un hasard. Leur ambition est de construire un modèle économique qui privilégie l’utilité collective plutôt que la rentabilité financière. La structure fonctionne selon le principe « une personne, une voix ». Contrairement à une société classique, le pouvoir n’est pas proportionnel au capital investi. Chaque sociétaire participe aux décisions sur un pied d’égalité, qu’il possède une ou cent parts. « La coopérative, c’est un principe où l’on fait les choses ensemble, souligne Thomas Gueret. Même si quelqu’un apporte beaucoup d’argent, il ne décide pas tout seul. » Cette organisation permet également de limiter la spéculation et de garantir que le projet reste au service du territoire.

Au-delà de l’aspect économique, les fondateurs revendiquent une démarche écologique et sociale. « Il faut penser global et agir local, résume Thomas Gueret. On réfléchit aux enjeux agricoles, écologiques ou climatiques à grande échelle, mais on essaie d’apporter ici, à Druyes, une réponse concrète. » Dans un village de moins de 300 habitants où les emplois sont rares, les porteurs du projet espèrent démontrer qu’un modèle coopératif peut devenir un levier de développement économique. « Si l’on arrive à créer une ou deux activités supplémentaires, à produire des légumes et à faire vivre ce lieu, ce sera déjà une réussite pour le village », estime Thomas Gueret.