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Une solution écoresponsable pour le réemploi des bocaux

Économie circulaire. Depuis bientôt 2 ans, bocaux&co œuvre pour le développement d’une filière de réemploi de contenants en verre à Dijon et aux alentours, plus écologique que le recyclage, basée sur l’économie de la fonctionnalité et de la coopération.

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Photo des bocaux
(Crédit : DR)

Face aux enjeux de la transition écologique, Catherine Ruppli et sa belle-sœur, Nadeige, ne pouvaient plus « se résoudre à jeter les bocaux dans les conteneurs à verre. Ça ne nous viendrait pas à l’esprit de jeter notre verre à la poubelle après chaque repas ! ». C’est dans cette logique que l’association bocaux&co, « un projet d’économie circulaire pour le réemploi des bocaux à l’échelle de l’agglomération dijonnaise », a été lancée en septembre 2021, avec un « premier circuit de réemploi, expérimental, d’abord sur le sud de Dijon », précise Catherine Ruppli.

Par rapport au recyclage, cette pratique permet — selon l’association sur son site internet — d’économiser 79% de gaz à effet de serre, 76% d’énergie et 33% d’eau. Très vite, le projet connait un certain succès, « les citoyens participent en déposant leurs bocaux dans les points de collecte dédiés, et ce sont des professionnels locaux qui en rachètent la majorité (aujourd’hui, une quarantaine d’entre eux sont partenaires) ». Entre ces deux étapes, bocaux&co trie les bocaux récoltés, puis les traite pour atteindre des normes d’hygiène « au moins aussi élevées que le neuf », certifie la co-fondatrice.

Cette démarche est aussi créatrice d’emploi, puisque, même si elle bénéficie de l’aide de bénévoles, bocaux&co est une association professionnelle : « le réemploi, c’est de l’emploi ; du temps humain ». Elle participe également à la relocalisation d’une activité qui doit pouvoir « contribuer à l’autonomie alimentaire du territoire ». Catherine Ruppli insiste alors sur les trois piliers qui constituent les fondements de son association : le territoire, l’économie et l’environnement.

Vers une activité pérenne

« Notre objectif n’est pas de produire massivement des bocaux réemployés, précise Catherine Ruppli, mais d’accompagner citoyens, entreprises et collectivités à changer leurs pratiques en testant les solutions possibles ». Ceci étant, bocaux&co ambitionne de se pérenniser alors que « le coût de réemploi s’élève à 80 centimes par contenant quand un bocal neuf coûte entre 20 centimes et 1,50 euros ». Il est alors difficile de rester compétitif dans ces conditions, malgré le soutien de l’ADEME, de France Active, du département de Côte d’or et de la ville de Dijon.

Il faut alors trouver des solutions, en particulier quant à l’efficience du circuit de réemploi. En effet, jusqu’au mois de mai dernier, bocaux&co récoltait tous les types de bocaux. Dans ces conditions, « seulement 30% d’entre eux étaient réemployables, et leur diversité créait un problème pour le tri notamment », rapporte Catherine Ruppli. Pour y remédier, l’association a diminué les types de bocaux collectés à neuf modèles et quatre familles (consultables sur le site bocaux-and-co.fr).

Ce changement est effectif depuis deux mois, et aujourd’hui 74% des bocaux collectés correspondent à un des modèles recherchés : « Les citoyens jouent le jeu », constate la co-fondatrice. Au 30 juin, bocaux&co avait collecté au total 14 tonnes de contenants en verre, soit plus de 62.700 bocaux pour 24.500 réemployés.

Fonctionnalité et coopération

Alors que bocaux&co fait de la vente et de la location de contenants en verre sa principale activité, elle développe également auprès de restaurateurs dijonnais une opération mutualisée de consigne pour la vente à emporter nommée « Ramenez-moi ».

L’association anime aussi des ateliers pour accompagner le changement de comportement menant vers le réemploi. Toutes ces activités sont menées dans « une trajectoire d’évolution vers l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC) », se félicite Catherine Ruppli.

L’idée est de réfléchir autrement à l’activité économique, en diminuant la consommation matérielle de biens et de ressources en proposant une solution globale intégrant des biens et des services. Avec bocaux&co, l’EFC s’exprime dans une pratique « plus vertueuse, estime Catherine Ruppli, valorisée notamment par la suppression de certaines externalités négatives produites par l’économie actuelle, non prises en compte dans le prix final ».