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92e année

Vélos électr(éth)iques

Nièvre. Avec Cycles up, Loïc Rousset propose de transformer les vieilles bicyclettes en vélos électriques 100 % made in France à partir de pièces de récupération.

Alors que pendant le confinement, certains découvraient les plateformes de streaming ou la fabrication du pain maison, Loïc Rousset, tel Bill Gates à la fin des années 1970, montait sa petite entreprise dans son garage. Ancien ingénieur de chez Stenman, société clamecycoise spécialisée dans l’éclairage des vélos, ce Garchizois de 37 ans est parti d’un constat : dix millions de vélos sont aujourd’hui hors d’usage (soit un quart du parc français) et la crise sanitaire a donné un vrai coup de projecteur sur la pratique de la bicyclette en milieu urbain : « Mon projet a été de m’attaquer au développement du vélo en péri-urbain ».

Avec Cycles up, Loïc Rousset propose de transformer les vieilles bicyclettes en vélos électriques 100 % made in France à partir de pièces de récupération. JDP

C’est donc à base de vélos de récupération - grâce à une convention avec les déchèteries de Nevers Agglomération - mais aussi après 40.000 euros d’investissement que Cycles up a démarré. L’objet  ? transformer des vieux biclous en vélos électriques : « Il y a plusieurs avantages ; d’une part ce sont des vélos moins chers que dans le commerce (comptez moins de 1.000 euros pour une transformation) et au contraire des vélos électriques bon marché, ils sont entièrement réparables, mais surtout ils permettent à des cyclistes qui ont l’habitude d’utiliser leur bicyclette ou qui y sont attachés de la conserver  ».

Au fil des mois, Cycles up a même créé sa marque de vélos : la côte Blanche (du nom d’un lieu-dit tout proche) qui comme son nom ne l’indique pas sont des vélos noir mat, construits à partir de vieux cadres en électriques ou non, entièrement équipés d’accessoires Made in France  : pneus, pédales de chez Look Cycles à Nevers, garde-boue et selles de Saône et Loire, guidons sur amortisseurs et des « sacs à batterie  » fabriqués en chambre à air usagées. Car, conséquence des modes de déplacement, la France jadis connue pour ses vélos - on peut citer Terrot à Dijon ou Saint-Etienne, pôle industriel du deux roues avant-guerre - renoue avec la fabrication : « Le vélo est en train de changer de statut ; d’un loisir, il redevient véhicule, qui permet en ville notamment de gagner beaucoup de temps ». Redevient car, les chiffres sont là  : entre 1930 et 1940, 40 % des Français roulaient en bicyclette. Si depuis 18 mois, l’usage du vélo a augmenté de plus de 30 % en ville, la campagne, elle, affiche un petit taux de 6 % : « Il y a un manque d’infrastructures, mais aussi des produits inadaptés et les vélos électriques peuvent répondre à cette attente. » Avec le soutien de la BGE de la CCI et de Station ESS (un tiers-lieu tourné vers l’économie sociale et solidaire), Cycles up a déjà sorti une vingtaine de vélos de ses ateliers, mais aussi des vélos-cargo, entièrement fabriqués sur place et, toujours, à partir de cadres usagés. La prochaine étape, l’emploi d’un apprenti : « pour me consacrer à la promotion de mon activité et continuer de promouvoir le vélo ».

Un exemple de plus que la crise sanitaire de la Covid-19 aura profondément bouleversé les habitudes : « Pour moi, j’ai vu cela comme une opportunité de promouvoir l’usage du vélo et de m’engager dans une véritable démarche éthique ».

Antoine Gavory