Velux à Marnay : une fenêtre sur la réussite
Doubs. En plus de quatre-vingts ans, le groupe danois Velux a transformé l’architecture des combles à travers le monde. Implanté depuis 1997 en Haute-Saône, à Marnay, le site KH-SK France a récemment investit 40 M€ dans l’agrandissement de ces locaux. Entre savoir-faire, innovation et ambition environnementale, plongée au coeur d’une réussite industrielle.
L’histoire de la célèbre fenêtre de toit débute au Danemark en 1941, lorsque l’ingénieur Villum Kann Rasmussen conçoit une fenêtre d’installation sous toit aussi étanche et performante que les meilleures fenêtres verticales. Un an plus tard, en 1942, le premier atelier voit le jour à Øsbirk. De cette invention naît le nom, aujourd’hui passé dans le langage courant, Velux, contraction entre « Ve » pour ventilation et « lux », lumière en latin.
Au fil de la reconstruction d’après-guerre, l’entreprise se développe de manière fulgurante au Danemark puis en Allemagne, répondant au besoin croissant de logement et à la nécessité d’aménager ses combles pour créer de nouveaux espaces de vie à moindre coût. La France devient rapidement un marché clé pour le groupe scandinave, comptant aujourd’hui près de 1.000 collaborateurs. Une implantation facilitée par le fait que la France possède une architecture très marquée du toit en pente. Cela se concrétise par la création de la filiale Velux France à Morangis en 1964, suivie de l’implantation progressive de quatre usines de production sur le territoire national : dans la Somme pour les fenêtres, en Haute-Savoie pour les stores, en Haute-Marne et en Haute-Saône pour les volets-roulants et les collerettes d’étanchéité.
C’est en 1997 que s’écrit le premier chapitre de l’aventure industrielle à Marnay. Le groupe cherche alors à rapprocher ses usines de ses marchés stratégiques d’Europe occidentale tempérée. Le site initial prend le nom de SK France, en hommage à Svend Kamman, proche collaborateur du fondateur de Velux et concepteur du premier volet extérieur. En 2007, le site de Marnay fusionne avec celui de Bourbonne-les-Bains - baptisé KH en mémoire de Kristian Haugaard, ancien directeur de production de Velux - pour donner naissance à l’entité légale KH-SK France SAS. « Nous avons réalisé cette fusion pour gagner en efficience et en efficacité », explique Claudy Broutin, directeur général de KH-SK France. La nouvelle entité produit plusieurs centaines de milliers d’unités de volets roulants par an.
Un ancrage local affirmé
Positionnée à la frontière de la Haute-Saône et du Doubs, l’usine de Marnay bénéficie d’un emplacement stratégique optimal. Proche des réseaux autoroutiers et des grands marchés comme l’Allemagne, le Bénélux, la Suisse et l’Italie du Nord, elle constitue l’épicentre de la distribution des volets roulants. « Le site de Marnay a été créé, parce que Velux à l’époque était en forte croissance et souhaitait implanter des usines localement, proche des marchés... Quand on regarde le centre de gravité des ventes des volets roulants, c’est ici ! », affirme Claudy Broutin.
Aujourd’hui, le produit phare de l’usine est sans conteste le volet roulant solaire. « Autonome en énergie, il ne nécessite aucun passage de câbles ni de gaines électriques à travers le toit ou les murs, ce qui simplifie grandement sa pose lors d’un remplacement ou d’un aménagement ». Face aux épisodes de canicules répétées en Europe, la protection thermique contre la chaleur dans les combles est devenue essentielle. « Notre ambassadeur numéro 1, sur le volet roulant extérieur, c’est sans conteste la météo. Avec les canicules consécutives de cet été, nous n’avons jamais eu de telle perspective de marchés, ni d’aussi belles marges de progression (+14 % de nouvelles commandes enregistrées cet été) », avoue Claudy Broutin.
Pour faire fonctionner cette mécanique industrielle, le site de Marnay s’appuie fortement sur le bassin d’emploi local, nouant des liens étroits avec les écoles d’ingénieurs et lycées techniques de Besançon, ainsi qu’avec le bassin de Gray. « Tous nos opérateurs, nos techniciens et nos ingénieurs viennent de l’Ensmm, du lycée Jules Haag, de la faculté de Besançon ou encore de l’UTBM de Belfort », affirme le directeur général.
Un ancrage local qui ne renie rien des valeurs scandinaves. « Chez Velux, l’objectif numéro 1, c’est la sécurité, c’est incontournable et non négociable. Le point numéro 2, c’est la qualité. Le point numéro 3, le respect des délais de livraison et le point numéro 4, la maîtrise des coûts d’opérations, détaille Claudy Broutin. Par ailleurs, nous sommes une entreprise modèle, scandinave... Nous ne faisons pas de produits polluants ou d’armes, mais des produits qui ont du sens pour la collectivité et pour la société ».
Une étape importante de Velux à Marnay a été franchie en mai 2023 avec l’annonce, lors du sommet Choose France, d’un investissement majeur de 40 M€ correspondant à un projet d’extension et de modernisation. Ce dernier comprend la construction d’un nouveau bâtiment de fabrication et de stockage de plus de 11.000 m² pour 15 M€, ainsi que l’acquisition d’équipements de haute technologie pour 25 M€. Opérationnel depuis cette année, cet agrandissement conduira à terme à la création d’environ 70 emplois permanents, renforçant les 140 postes actuels. Il permettra d’augmenter la capacité de production globale du site et d’intégrer de nouvelles générations de produits.
« C’est une grande satisfaction de voir le groupe Velux investir massivement sur notre territoire. C’est une décision stratégique bénéfique pour tout notre écosystème. Pour le site de Marnay, d’une part, qui franchit ainsi un cap technologique, ainsi que pour l’emploi et tous les partenaires locaux qui travaillent à nos côtés ».
Au-delà de cette expansion industrielle, la démarche de Velux s’inscrit dans un engagement environnemental particulièrement ambitieux. Sur le terrain local, le site de Marnay illustre concrètement cet ancrage écologique en étant le premier site industriel du département de la Haute-Saône certifié refuge de la Ligue pour la protection des oiseaux, préservant la faune et la flore sur ses 15 hectares verdoyants.
À l’échelle globale, le groupe danois déploie une stratégie climatique inédite. L’entreprise s’est en effet fixé un double cap : atteindre d’ici 2030 la neutralité carbone opérationnelle (zéro émission de CO2 émise sur ses sites), puis aller encore plus loin d’ici 2041, année célébrant le centenaire de sa création. Durant la décennie reliant 2030 à 2041, Velux a pour ambition de compenser l’intégralité de son empreinte carbone historique - soit 100 ans d’émissions accumulées depuis sa fondation en 1941 - grâce notamment à des programmes d’achat et de préservation de forêts tropicales.