Hommes et chiffres

Amélie Godard et Malorie Privat : un duo contre le cancer

Santé. Créée en mars 2026, la startup Fluonir combine le savoir de deux chercheuses afin de faciliter l’identification de tumeurs cancéreuses pour réduire les risques opératoires et les récidives.

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(Crédits : DR)

Chercheuses, Amélie Godard et Malorie Privat se sont rencontrées à l’institut de chimie moléculaire de l’université de Bourgogne, l’IMCUB. La première, docteure en chimie médicale, travaillait sur les molécules fluorescentes ; la seconde, docteur en biologie et biochimie, oeuvrait à la fixation de la molécule sur des anticorps afin de cibler les tumeurs. Complémentaires, les deux femmes se sont associées et lancées dans un parcours de maturation, d’abord avec Linskium, le Satt de Grenoble, puis avec Deca-BFC en 2024. « Nous avons pu faire le programme Start & Go dédié aux deeptech qui nous a permis d’approfondir tout ce qui touche à la biotech comme l’accès au marché, aux financements, au recrutement… », détaille Amélie Godard.

Entre leurs compétences réciproques et l’accompagnement dont elles ont bénéficié, les deux chercheuses ont imaginé un premier produit pour adresser les cancers des voies aérodigestives supérieures. « Pendant les opérations, il y a un risque qu’en retirant les tumeurs, le chirurgien touche des nerfs vitaux comme ceux de la déglutition ou de la phonation, dégradant la qualité de vie des patients de façon irréversible. » La startup Fluonir, créée en mars 2026, propose donc un produit spécifique, injecté deux jours avant l’opération, afin de délimiter les contours de la tumeur par fluorescence et ainsi aller vers une chirurgie plus précise et éviter les récidives tumorales.

Prêtes pour demain et la décennie à venir

Alors que leur solution contre ces cancers ne devrait être sur le marché que d’ici dix ans avec des essais cliniques qui pourraient débuter en 2029, Fluonir initie une première activité à plus court terme. « Nous allons vendre la molécule fluorescente sans les anticorps aux laboratoires de recherche afin qu’ils commencent à utiliser cette technologie. »

Pour l’heure, les deux associées, avec l’aide de Deca-BFC, se concentrent sur le concours d’innovation I-Lab de BPI France et sur la création de leur société. « L’incubateur nous a appuyées pour la constitution du dossier et pour préparer notre oral. Il nous aide aussi à identifier les sources de financement, les concours, mais aussi sur les aspects juridiques et bancaires. Deca-BFC nous intègre par ailleurs à l’écosystème par de la mise en réseau. »