Avec Hilajo, Mathias Schmitt fait matcher candidats et recruteurs
Start-up. À 27 ans, l’entrepreneur dijonnais bientôt incubé aux Docks Numériques lance sa plateforme qui veut redonner du sens au recrutement en privilégiant la qualité à la quantité de CV.
Formé à AMOS Lyon, Mathias Schmitt n’en est pas à son coup d’essai. Après avoir créé un parc d’attractions d’activités sportives, Babloland, géré un magasin de vélos et un bar, son parcours a forgé sa vision du marché.
Lecture fine des compétences
Confronté aux limites des plateformes traditionnelles, il fait un constat : « le recrutement est plutôt quantitatif que qualitatif. On va pouvoir envoyer 50, 100 CV et en tant que candidat on est frustré par l’expérience parce qu’on a peu de retours ».
Sur Hilajo, l’objectif est d’améliorer la pertinence des rencontres. Candidats et entreprises construisent un profil détaillé via des questionnaires guidés. L’algorithme croise ensuite compétences techniques, soft skills et besoins réels, pour établir un score de compatibilité. Si l’IA propulse l’analyse, elle ne remplace pas l’humain. Pour se différencier, la plateforme propose aux candidats des outils innovants comme la présentation vidéo ou audio, qu’Hilajo se charge de monter pour offrir un rendu professionnel. La solution va plus loin et propose une offre de coaching personnalisé payant et guide les candidats sur leurs savoir-être ou des points techniques spécifiques, leur conférant une étiquette particulière sur la plateforme. À terme, Hilajo vise aussi à digitaliser la signature des contrats et à proposer des entretiens vidéo traduits pour l’international.
Trio d’experts pour stratégie ciblée
Conscient qu’on ne bâtit pas une telle solution seul, Mathias Schmitt s’est associé avec un développeur senior et un recruteur professionnel dijonnais. « L’idée, c’est d’avoir un noyau très solide de trois compétences. » Pour son lancement, Hilajo cible trois secteurs majeurs dans la région : « les services, le commerce et le BTP ». L’ambition est de capter « 10% de la partie emploi » en BFC d’ici l’été, avant de viser l’Auvergne-Rhône-Alpes en 2027. Économiquement, Hilajo se positionne sur un modèle B2B modulable. Outre les abonnements classiques (TPE, PME ou grands groupes), la plateforme intègre une offre de profils certifiés par des experts. Mathias Schmitt s’appuie ici sur les standards du marché : si un candidat est recruté, « il y a un pourcentage du salaire annuel brut qui est versé à Hilajo et au recruteur ». Pour amorcer la dynamique, l’accès est entièrement gratuit dans un premier temps. Une fois l’objectif des 50 entreprises et 500 candidats atteint, la plateforme basculera vers son modèle payant. Toutefois, les 50 premières entreprises inscrites bénéficieront de « deux ans d’abonnement premium gratuit ». Une étape structurante avant l’intégration prévue aux Docks Numériques pour faire évoluer durablement les pratiques de recrutement.