Charles Hanne, le ménage extrême
Services. Ancien cadre de l’immobilier, il a changé de vie en créant Charles s’en charge, une entreprise spécialisée dans le débarras et le nettoyage de lieux ou d’habitat devenus insalubres.
Pendant plus de vingt ans, Charles Hanne a évolué dans les métiers de l’immobilier. Urbanisme, assurances, gestion de patrimoine, puis responsable du service immobilier au conseil départemental. Pourtant, derrière les dossiers et les réunions, il découvre une autre facette du logement. Celle que l’on ne montre pas. Des appartements insalubres, parfois fermés depuis des mois, où s’accumulent déchets, odeurs et pire. « J’ai vu des choses que je pensais réservées à la télévision. Et pourtant, c’était bien réel », raconte-t-il.
L’envie d’entreprendre ne date pas d’hier. Elle le suit depuis une quinzaine d’années, sans jamais trouver sa forme. Jusqu’au jour où tout se recoupe, son expérience du terrain, sa connaissance des acteurs locaux et le constat d’un manque criant. Peu d’entreprises sont capables de gérer, de A à Z, les situations les plus complexes. Débarras, nettoyage extrême, désinfection, décontamination, parfois même traitement des nuisibles.
En septembre 2025, il se lance et crée Charles s’en charge à Saint-Florentin. Très vite, il démarche pompes funèbres, collectivités, forces de l’ordre, bailleurs sociaux, travailleurs sociaux. Partout, le même retour, les situations problématiques sont nombreuses et les solutions locales trop rares. Décès isolés, expulsions, logements rendus inhabitables, successions bloquées… Le téléphone sonne. De plus en plus. Ce qui devait être une activité complémentaire devient rapidement un engagement à temps plein.
Un métier extrême
Seul sur la plupart de ses chantiers, équipé de matériel professionnel et formé aux produits spécifiques, Charles s’en charge intervient là où plus personne ne peut - ou ne veut - entrer. Les situations sont parfois éprouvantes, physiquement comme mentalement. Syndrome de Diogène, logements envahis par les déchets, odeurs incrustées, ou, pire encore, décès retrouvés tardivement. « À la fin de chaque prestation, je me pose toujours la même question : est-ce que je pourrais dormir ici ? »
Mais derrière l’aspect spectaculaire du nettoyage extrême, le créateur de Charles s’en charge insiste sur l’humain. Pas de jugement, jamais. « On ne sait pas ce que les gens ont traversé. Une maladie, un deuil, un accident de vie… et tout peut basculer. » Sa plus grande satisfaction ne se mesure pas uniquement à l’avant-après — pourtant saisissant. Elle se lit dans les regards, dans les remerciements. « Les gens ont souvent honte quand j’arrive, et quand je repars, ils respirent à nouveau, résume -t-il. Là, je me dis que je fais vraiment un métier utile. »