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93e année

Dans l’Avallonnais, l’unité de méthanisation ne fait pas l’unanimité

Agriculture. Le projet de deux agriculteurs dans la zone d’activité de Champs Ravier à Étaule, près d’Avallon, vise à collecter et transformer annuellement près 24.000 tonnes de biodéchets en gaz, réinjectées ensuite dans le réseau. L’implantation rencontre néanmoins l’hostilité d’un collectif d’associations.

En juillet dernier, lors du conseil municipal d’Avallon, le projet présenté par la SAS Avallon Bio Énergie semblait concentrer toutes les vertus… Unique en France, l’unité de méthanisation ambitionne, en effet, de regrouper la collecte, le traitement et la transformation des déchets en provenance des particuliers, des collectivités et des entreprises du territoire, dans un seul lieu, afin d’éviter leur « délocalisation » jusqu’à la région parisienne ou lyonnaise.

Le biogaz sera réinjecté dans le réseau de la sous-préfecture morvandelle et le digestat va être, quant à lui, utilisé comme engrais par les agriculteurs. Estimés à sept millions d’euros, les travaux du méthaniseur ont débuté il y a quelques semaines après l’obtention du permis de construire délivré par la préfecture de l’Yonne.

Colère des écologistes

L’unité de méthanisation n’est pourtant pas en odeur de sainteté chez certains Avallonnais. Le collectif Vézelay autrement et l’Association de défense de l’environnement et de la nature de l’Yonne (Adeny) ont d’ores et déjà porté un recours devant le tribunal administratif de Dijon contre le permis de construire. Ils reprochent notamment le surdimensionnement du projet et l’absence d’enquête publique.

Le groupe départemental Europe-Écologie Les Verts de l’Yonne (EELV 89) a, lui aussi, fait part de son opposition au projet. « Cette activité n’est pas complémentaire à une activité agricole », mais « largement industrielle ». Le mouvement politique reproche l’acheminement d’intrants « sur des distances allant jusqu’à 200 kilomètres » et des digestats qui pourraient contenir des traces de polluants plastiques. Le méthaniseur devrait être cependant opérationnel à la fin de l’année 2022.

Stéphane Bourdier