Hommes et chiffres

Dante et Virgile Bourlet de la Vallée : le pari du kayak durable

Sport. Basée dans le jura, la société Kaïvo a développé un procédé de fabrication composite innovant afin de proposer des kayaks de compétition plus durables, performants et fabriqués en France.

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Crédits : JDP

Tout ou presque est résumé dans le mot valise qui sert de patronyme à la jeune société créée en janvier 2025 par deux frères, kayakistes depuis l’enfance : Kaïvo, pour kayak, évolution et eau. À 25 et 28 ans, originaires de Normandie, Dante et Virgile Bourlet de la Vallée sont tous deux ingénieurs, le premier en matériaux composites et le second en conception mécanique.

Durable et au plus près des athlètes

Unissant leur force, ils se sont lancés dans l’aventure entrepreneuriale désireux d’apporter une évolution matérielle substantielle au sein de l’univers du canoë-kayak et plus particulièrement sur la discipline slalom. « Dans le domaine, il y a un certain agacement, que ce soit en termes de performance des bateaux ou de durabilité. Actuellement, les athlètes de haut niveau changent d’embarcation tous les 4 à 6 mois car le matériel s’use prématurément contre les rochers et le fond des rivières », explique Dante Bourlet de la Vallée ajoutant que les constructeurs historiques utilisent encore des technologies de la fin des années 1980, alors qu’il y a eu de vraies avancées dans le milieu du composite.

Installés à Lons-le-Saunier, dans un atelier à loyer modéré, au cœur de la pépinière d’entreprises d’ECLA, générée par l’agglomération, ils développent, à l’aide d’outils numériques, un procédé de fabrication composite innovant. Ensuite, moules, stratification et assemblage : tout est fait à la main avec notamment un objectif : éliminer les zones sensibles aux cassures pour gagner en durabilité. « Chaque embarcation est conçue à partir des besoins réels exprimés par les athlètes, complétés par des phases de test en conditions réelles. Les retours des élites de ce sport alimentent directement les choix de conception, de design et les évolutions techniques des prototypes », confient les deux frères, qui ambitionnent à terme de repousser la durée de vie à 5-10 ans : « si on parvient à tripler cette dernière, ce sera déjà un grand pas », appuient-ils.

Cette quête de longévité est indissociable d’une démarche écologique forte. La fabrication d’un kayak standard représente une consommation d’environ 250 kg de CO2. En prolongeant la vie des produits, Kaïvo va dans le sens des objectifs de la stratégie nationale bas-carbone. Pour valider ces gains, l’entreprise s’appuie sur une analyse de cycle de vie rigoureuse, réalisée avec le laboratoire I2M de Bordeaux. « On regarde combien de quantité de matière on utilise, mais aussi comment le fournisseur l’a fabriquée », précise Dante Bourlet de la Vallée qui regarde également du côté des recherches émergentes en matière de fibre carbone recyclée « ce qui permettrait de boucler la boucle avec un produit éco conçu de A à Z ».

La SAS Kaïvo qui s’apprête à présenter dans les prochains jours son premier démonstrateur commercial, baptisé Axolotl, aux championnats de France de slalom, est incubée par Deca-BFC. Ce dernier a joué un rôle de catalyseur essentiel dans le développement de Kaïvo, apportant aux deux frères un « soutien énorme au quotidien : les équipes de l’incubateur sont de vrais guides aussi bien sur les sujets techniques que sur l’accompagnement à la commercialisation. Ils ouvrent de nombreuses portes en mettant notamment en réseau différents acteurs d’une même filière... ».