Hommes et chiffres

Édouard Gavin et Jean-Bruno Gosse réinventent le batch cooking

Création. Des plats élaborés par un chef, prêts à être réchauffés, dans des contenants en verre consignés, disponibles en points de retrait sur abonnement : c’est le pari de Batch Cooking Club.

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Edouard Gavin et Jean-Bruno Gosse
Edouard Gavin et Jean-Bruno Gosse (Crédits : JDP)

Venu (peut-être) des New-Yorkais pressés au début des années 2000, popularisé par le chef Jamie Oliver en Europe, le batch cooking consiste à cuisiner par lot, généralement le week-end, les plats de la semaine. C’est de ce modèle qu’est née l’entreprise Batch Cooking Club, sans la logistique, les courses, les menus à élaborer et la charge mentale qui va avec puisqu’il s’agit ici de retirer dans des points de livraison chez des commerçants ou dans deux lockers – l’un à Ahuy, l’autre à Dijon – des plats préalablement choisis sur le site (batchcookingclub.com) parmi une sélection hebdomadaire de 14 propositions, conditionnés sous vide (les plats peuvent se conserver une semaine sans souci) dans des contenants en verre consignés et proposés dans une glacière afin de préserver la chaîne du froid. Et la semaine suivante, il suffit de replacer ces mêmes contenants vides et lavés pour récupérer une nouvelle salve de repas. L’innovation de ce modèle est double, estime le fondateur Édouard Cavin : Batch Cooking Club fonctionne sur abonnement et, contrairement à une enseigne comme Hello Fresh, ne livre pas de matières premières pour cuisiner, mais bien des recettes familiales à partager, prêtes à être consommées et fabriquées localement dans un laboratoire à Plombières-lès-Dijon. Au gain de temps s’ajoute l’assurance de manger des plats à la fois goûteux et sains, une promesse qui repose sur Jean-Bruno Gosse.

56 recettes saisonnières

Ancien de chez Loiseau puis de La table des Climats, le chef de cuisine étoilé devenu consultant a accompagné le concept en élaborant une série de 56 recettes réparties en sept familles (végétarien, poisson, monde, classique)… respectant autant que possible la saisonnalité. Le sourcing est local sur certaines catégories de produits : « C’est assez facile sur la crémerie, le sec ou les oléagineux, ça le sera à terme sur les protéines, mais c’est plus compliqué pour le maraîchage », souligne Édouard Cavin. À terme, il table tout de même sur 30 à 40 % de produits locaux dans les plats. Lancé en décembre 2025, Batch cooking club a séduit 400 foyers en préinscription. Le concept, opérationnel depuis le 21 janvier, affiche depuis environ 150 abonnés, de toutes typologies, de l’étudiant à la maman solo, ou à la famille d’actifs.

Le fondateur annonce un prix maîtrisé, à partir de 4,49 € la portion. Le site propose un simulateur très simple d’accès, qui permet d’évaluer le budget hebdomadaire, avec des prix dégressifs selon la quantité réservée.

La phase de lancement achevée, Édouard Cavin mise sur le recrutement rapide d’une personne pour assurer la logistique sur le terrain (réassort des points de livraison, récupération des glacières…) et à terme la formation de cuisiniers sous la supervision initiale de Jean-Bruno Gosse pour assurer la réalisation des plats.