Hommes et chiffres

Laura Déon : une vision de l’immobilier à 180 degrés

Immobilier. Voilà un an que cette Auxerroise d’adoption a investi le secteur de l’immobilier. Et elle a vu les choses en grand en lançant quatre marques distinctes portant quatre projets différents.

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À 38 ans, Laura Déon a déjà vécu plusieurs vies. « J’ai été photographe à Toucy pendant sept ans, puis cheffe de projet dans la communication et chargée d’innovation, confie-t-elle. Ce qui relie tout ça, le relationnel ». L’an dernier, après 18 mois de reconversion professionnelle en tant que négociatrice dans l’immobilier, la mère de famille s’est jetée dans le grand bain et a créé son propre groupe, domicilié chez elle.

Il est composé de deux marques de transactions immobilières : « Les Jolies Lieux » proposent des biens coup de cœur sur l’Auxerrois ; « Gustave » – en hommage au père de la Dame de fer – propose à la vente et à la location des biens industriels et commerciaux. Une troisième marque appelée « Lieux Prestigieux » était à l’origine dédiée à la vente de biens immobiliers, mais le projet a pivoté vers le développement d’une solution PropTech (la mise en œuvre d’outils numériques au service de l’immobilier). Enfin, le « Programme VillUP » s’intéresse lui à la redynamisation des petites villes.

« J’ai ressenti le besoin d’avoir une vision à 180° du marché, lance l’intéressée. Finalement, ça se rejoint beaucoup parce que mon client qui a une usine, c’est aussi mon client qui va vouloir s’acheter un joli bien parce que c’est un chef d’entreprise ». Cette année, Laura espère recruter ses premiers collaborateurs. « Aujourd’hui j’ai des apporteurs d’affaires, mais le rôle d’un entrepreneur c’est de créer de l’emploi. En 2026 j’entends ainsi déléguer afin de déployer au mieux ces quatre projets. »

Villup : revitaliser les petites villes

Des quatre projets portés par Laura Déon, « Programme VillUP » est celui qui lui tient le plus à cœur. « C’est un peu l’aboutissement d’une grande passion pour nos territoires », précise-t-elle. Si l’objectif du « Programme VillUP » est simple, l’équation à résoudre pour y parvenir reste complexe : comment redynamiser ces petites villes qui n’arrivent plus à se relever, celles où le patrimoine tombe en décrépitude, où les entreprises et les commerces ferment les uns après les autres et où le chômage augmente inexorablement.

C’est de ce constat amer que ce programme est né. Ce dispositif consiste à démarcher des investisseurs, avec le soutien des municipalités, pour racheter et rénover un certain nombre de biens (locaux commerciaux, friches industrielles et logements…) sur une zone ciblée. « Il faut s’appuyer sur ces trois piliers pour redresser ces territoires : l’économique pour recréer de l’emploi, la lutte contre la vacance commerciale et la réhabilitation des appartements vétustes qui ne peuvent plus être loués, lance Laura Déon. Mon rôle est d’aller chercher des investisseurs et de faire du Programme VillUP une tendance d’investissement ». Pour l’heure, le dispositif est en phase de test pour cinq ans dans une petite ville bourguignonne.

La première transaction a été le rachat d’une friche industrielle. « L’ambition est d’aller chercher 10 M€ d’investissements qui seront injectés dans les années à venir. Nous en sommes à 4 M€ aujourd’hui ». Laura Déon a déposé un dossier à la Banque des territoires pour que le « Programme VillUP » soit reconnu comme solution innovante dans la redynamisation des territoires.