Le Village de la Cité placé en redressement judiciaire
Gastronomie. Boutiques, restaurant et cuisine expérientielle : cette composante de la Cité internationale de la gastronomie et du vin de Dijon a annoncé le 31 août s’être placée sous la protection du tribunal.
De Charybde en Scylla, tel pourrait se résumer le destin de la Cité internationale de la gastronomie et du vin. Après la fermeture des adresses du groupe Épicure (la Table des Climats, la Cave de la Cité et le Comptoir de la Cité en avril dernier), le départ de l’École Ferrandi qui a contractualisé avec l’École des métiers pour une formation, mais n’occupe plus la prestigieuse avancée métallique, signature architecturale de la CIGV, c’est désormais Le Village de la Cité avec ses boutiques (Manège à Moutardes, La Gloriette, La Planche, Le Billot et L’Écaille), sa cuisine expérientielle et son rooftop, ainsi que le restaurant Meurette & Persillé qui officialise sa mauvaise santé financière : la société a en effet obtenu du tribunal de commerce, le 25 août dernier, son placement en redressement judiciaire. « L’activité du Village de la Cité évolue dans un environnement fortement dégradé, sous l’effet de crises multiples. Les fortes chaleurs de l’été ont accentué les tensions sur l’activité de ses établissements au sein de la Cité de la Gastronomie et du Vin de Dijon. Dans ce contexte, la société a pris l’initiative de solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire afin de préserver la continuité de son activité et de bénéficier d’un cadre protecteur pour mener les adaptations nécessaires à son redressement », explique un porte-parole de la société dans un communiqué. « La période d’observation qui s’ouvre doit permettre au Village de la Cité et ses établissements de poursuivre les actions d’adaptation déjà engagées, de consolider son organisation et d’adapter son modèle aux réalités économiques actuelles au sein de la Cité de la Gastronomie de Dijon afin de préparer les conditions d’un redressement durable ».
Les établissements restent néanmoins ouverts au public, « et les équipes demeurent pleinement mobilisées pour accueillir clients, visiteurs et partenaires dans les conditions habituelles », affirme encore ce même communiqué.
L’opposition en première ligne
La situation est du pain béni pour l’opposition dijonnaise dont le chef de file Emmanuel Bichot n’a cessé de combattre le projet en en contestant la viabilité, pour ne pas dire la sincérité économique. Dans un communiqué, son groupe Agir pour Dijon dénonce « 1,9 M€ de pertes accumulées entre mai 2022 et la fin de l’année 2024. Le modèle économique de la Cité de la gastronomie ne fonctionne pas. Le projet de la Cité de la gastronomie apparaît ainsi avoir été largement surévalué, tant dans ses ambitions que dans ses perspectives économiques. Cela se traduit par des loyers trop élevés. Il est désormais indispensable d’apprécier avec lucidité la valeur réelle des actifs et d’en tirer toutes les conséquences afin d’assainir la situation. Cette clarification aura nécessairement des conséquences pour les actionnaires privés qui ont investi dans le projet. » Emmanuel Bichot conteste enfin l’utilisation de l’argent public pour la composante culturelle de la CIGV qui n’a jamais atteint ses objectifs en termes de fréquentation et de billetterie, malgré des expositions permanentes devenues gratuites.