Missery, le village retrouve son commerce
Commerce. Fermé depuis plus de 40 ans, le café du village de Missery, 107 habitants, devrait rouvrir ses portes cet été. Pour redonner vie à son unique commerce, la municipalité a décidé d’en devenir propriétaire.
Lors de la précédente mandature, Rosine Lechaton et son équipe portaient le projet de rouvrir le café du village, en vente depuis 1985. Pourtant, en visitant les lieux en 2020, l’ampleur de la tâche et l’investissement nécessaire les ont effrayés. Accompagnée par le CAUE, la maire et son équipe ont exploré d’autres options pour ramener un commerce dans la commune. « Nous avons envisagé de transformer la chapelle qui n’avait jamais été consacrée pour en faire un café – épicerie », se souvient l’édile qui a finalement renoncé. Quand le prix de vente de l’ancien café a été revu à la baisse, l’équipe municipale n’a pas hésité longtemps avant de se porter acquéreuse. « Nous avons vendu un logement communal pour financer l’achat. »
N’ayant pas l’expertise nécessaire pour mener pleinement le projet à terme, Missery a sollicité les services de la CCI Côte-d’Or Saône-et-Loire pour étudier la faisabilité du projet. « Il était viable à condition qu’il ne représente qu’un complément de salaire pour le gérant. » Le futur commerce devrait à la fois faire office de café, d’épicerie d’appoint et de produits locaux, de dépôt de pain, de relais colis mais surtout de lieu de rencontre créateur de lien social à l’occasion d’évènements.
Transformer l’essai
Après avoir acheté les murs en novembre 2022, la mairie, épaulée par la CCI, a recherché les financements indispensables à la réalisation des travaux. Sur un projet d’un coût global de 407 000 euros, la commune a obtenu des subventions à hauteur de 80 %, associant l’État par l’intermédiaire de la DETR et de l’ANCT, une aide du département, de la région et du Siceco pour les travaux de rénovation énergétique. « On a attendu d’avoir l’assurance des financements pour lancer les travaux car on voulait être sûrs de pouvoir les payer. » Et ils ont pu démarrer en septembre 2025 pour une période d’environ huit mois. Comme souvent, le chantier a connu quelques imprévus. « De l’amiante, la charpente, la toiture… Nous avons dû faire des arbitrages et réduire le projet au maximum. Nous avons donc renoncé au projet de logement qui devait être réaliser au-dessus », précise la maire réélue en mars dernier.
En parallèle, la municipalité a cherché un gestionnaire pour son futur commerce. Après plusieurs touches, la candidate idéale arrivera finalement de façon spontanée d’un bourg voisin grâce au bouche-à-oreille. Au début de l’été, elle devrait ouvrir « Le Comptoir » du mercredi au dimanche pour répondre aux attentes des élus, des habitants mais aussi satisfaire une clientèle de passage.