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93e année

Nicolas Girard : architecte d’un thé durable

Artisanat. Armé d’un solide cursus en management et stratégie d’entreprise, globe-trotteur à ses heures, c’est en tombant amoureux de la Chine que ce jeune homme de 25 ans décide de créer Ypsté : une maison de thé écoresponsable française.

Nicolas Girard. DR

On dit que les voyages forment la jeunesse. Ceux, nombreux, de Nicolas Girard lui ont donné matière à consolider son rêve de toujours : créer sa propre entreprise. Si le jeune homme a fait la majeure partie de son parcours scolaire à Besançon et en alternance, du BTS assistant manager à la licence en management des organisations, avec un petit crochet par Lille pour un master en stratégie d’entreprise, c’est en tant que passionné d’histoire et de géographie qu’il parcourt le globe en solitaire, sac à dos en bandoulière, à la découverte d’autres cultures. Il se rend ainsi en Australie, aux Émirats Arabes Unis, en Jordanie et... en Chine. Le coup de foudre est immédiat pour l’Empire du Milieu et son armée de terre cuite.

« Je suis littéralement tombé amoureux de ce pays, de ses habitants, de leur hospitalité, de leur chaleur... Et c’est en partageant un peu de leur quotidien que j’ai découvert ce qu’était réellement la culture du thé. Dans ce berceau qui l’a vu naître, le thé est pratiqué comme un art de vivre, voire une religion. Il est partout ! Il y a par exemple des fontaines à eau chaude dans les centres commerciaux et les gens se baladent avec des gourdes remplies de thé... J’aime comparer cela avec l’omniprésence de nos boulangeries en France », raconte Nicolas Girard.

A son retour en France, s’infuse l’idée d’imbriquer cette expérience de voyage unique à son envie de créer son entreprise. Une entreprise définie autour de valeurs éthiques, économiques et écologiques fortes. Le thé, produit noble et ancestral par essence répond pleinement à cette quête de sens. C’est ainsi que naît en mars 2021 Ypsté, la première maison de thé écoresponsable bisontine en ligne. « Mon objectif est de faire vivre une marque indépendante, solide et engagée sur le long terme, bâtie sur de vraies valeurs sociétales et éco-responsables », défend le jeune entrepreneur.

Un thé le plus vert possible

Si le thé, de par sa provenance, n’est pas un produit à l’empreinte carbone neutre, c’est bien sur tout le reste que Nicolas Girard entend faire la différence. « Nos thés (grands crus médaillés et thés parfumés), une quinzaine aujourd’hui, choisis pour leur qualité et leur rareté, proviennent soit de plantations indépendantes de Chine, du Japon ou du Nepal, soit de coopératives de producteurs engagés dans une démarche de commerce équitable, afin de rétribuer de manière juste le producteur en amont. J’ai également fait le choix de m’engager dans une démarche de certification : Ecocert France, nous a ainsi délivré la licence et le certificat de conformité pour nos produits issus de l’agriculture biologique. Nos autres thés et tisanes sont quant à eux certifiés commerce équitable (Ethical Tea Partnership) ».

« Je me vois comme un architecte qui essaie de construire un projet à long terme, écologique, durable, en lien avec toutes les parties prenantes, et qui soit vraiment à l’écoute des personnes et de leurs besoins »

Par ailleurs, la société privilégie exclusivement des emballages recyclables et écologiques. « Sans emballage superflu, nos thés sont livrés dans un pochon en tissu qui pourra être réutilisé au quotidien. Ils sont fabriqués en Inde par l’ONG SSMI, qui participe à l’émancipation des femmes démunies de Delhi ». Une démarche solidaire que l’on retrouve également dans le choix de la boutique en ligne d’Ypsté. « Il s’agit d’une plateforme de paiement française éthique qui permet de réaliser un micro-don au moment de l’achat à l’association de votre choix ».

Par ailleurs, le conditionnement artisanal est réalisé à la main par Nicolas et les étiquettes sont le fruit d’un partenariat avec un graphiste bisontin. La maison de thé s’engage également dans la voie de la neutralité carbone, en vous proposant la livraison verte (voiture électrique, vélo, trottinette ou même à pied) pour les derniers kilomètres en France métropolitaine . « En réalité, je me vois comme un architecte qui essaie de construire un projet à long terme, écologique, durable, en lien avec toutes les parties prenantes, et qui soit vraiment à l’écoute des personnes et de leurs besoins », affirme Nicolas Girard, qui au delà de sa clientèle de particuliers à déjà su séduire une quinzaine de restaurants notamment parisiens.

Frédéric Chevalier