Hommes et chiffres

Violaine Démaret : le nouveau visage de l’État en région BFC

Sécurité. La nouvelle préfète de région et préfète de la Côte-d’Or était auparavant conseillère du Président de la République pour les questions de sécurité. Elle en fait une priorité de sa mission.

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(Crédits : JDP)

« La sécurité est la première des libertés ». C’est par cette phrase devenue un leitmotiv politique que la nouvelle préfète de région, préfète de la Côte-d’Or, a priorisé sa mission, rappelant que ce sujet constitue « l’ADN du métier de préfet » au niveau départemental. Sa première visite après le traditionnel dépôt de gerbe au monument aux morts du rond-point Edmond-Michelet, Violaine Démaret l’a d’ailleurs réservée au QPV des Grésilles, où elle a salué l’action de ses prédécesseurs : « le pilonnage des points de deal fonctionne » a-t-elle souligné, tout en rappelant l’attachement du président de région Jérôme Durain comme à la maire de Dijon à la lutte contre les narcotrafics, l’articulation État-collectivités assurant ainsi le « continuum de sécurité » au service des citoyens.

Le jour de sa prise de fonction, le 27 avril, était également celui choisi par les personnels pénitentiaires pour se mettre en grève afin de dénoncer leurs conditions de travail dans un contexte de surpopulation carcérale, preuve, selon Violaine Démaret, que le laxisme de la justice que certains se plaisent à fustiger n’existe pas. Dijon, où le taux de suroccupation est de 222%, reflète une triste réalité nationale rappelle la préfète, avec « 7.000 personnes qui dorment sur des matelas au sol » dans les prisons françaises et un manque d’effectifs des personnels pénitentiaires : « 12 postes seraient nécessaires à Dijon », reconnaît la fonctionnaire.

Futur CRA et délais de traitement

Annoncé par Franck Robine, son prédécesseur à Dijon entre octobre 2022 et septembre 2024, le futur centre de rétention administrative prévu par le Plan Cra (3.000 places de plus en France) dont l’ouverture est programmée à l’automne 2027 sur l’ex base de Longvic (140 places), fait d’ores et déjà partie des dossiers de la nouvelle préfète, qui souligne que le site permettra, notamment, l’accueil dans des conditions optimales des personnes sous OQTF (ou interdites de retour sur le territoire français) susceptibles de créer des troubles à l’ordre public. Mais Violaine Démaret rappelle aussi que certaines situations d’irrégularité sont le fait de délais d’instruction trop longs de la part des services de l’État : l’objectif de 55 jours fixé par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est plutôt de 75 jours en Côte-d’Or (bien mieux que la moyenne nationale de 115 jours !). Trois agents sont attendus en préfecture de Dijon début mai pour renforcer les services.

Sur le plan régional, Violaine Démaret rappelle son attachement au rural, avec un déplacement prévu rapidement dans une exploitation agricole. Elle prévoit de s’appuyer sur les sous-préfets pour être au plus près des réalités de terrain dans une région marquée par le déclin démographique et entend raffermir le lien avec les élus locaux via des rencontres plusieurs fois par an en visio sur des thématiques précises. Violaine Démaret rappelle à ce sujet les « boîtes à outils » mises en place par l’État tel le Plan France ruralités, ou la présence des Maisons France services, destinées non seulement à permettre l’attractivité, la cohésion et l’équité entre les territoires, mais aussi, reconnaît la représentante de l’État, « lutter contre le sentiment de relégation », terreau de votes protestataires, « en étant en proximité ».