Yassir Bouiry et Maxime Ambard : un regard inclusif sur l’innovation
Innovation. Si son nom, 3DSG, est provisoire, la startup 3DSG porte l’ambition continue de faciliter la vie des personnes porteuses d’une déficience visuelle grâce à des lunettes équipée d’IA.
Quand un expert en informatique et sciences cognitives, Maxime Ambard, rencontre un ingénieur en intelligence artificielle de surcroît non-voyant, Yassir Bouiry, les deux hommes s’associent pour transformer leurs recherches en solutions concrètes au service des personnes atteintes d’une déficience visuelle. « Nous voulons proposer un assistant de vie automatisé à travers des lunettes électro-intelligentes », résume Yassir Bouiry. « Depuis 2012, je travaille sur des systèmes de substitution sensorielle pour transformer une information visiospatiale en information audiospatiale pour donner le sentiment de taille, de forme, de proximité », complète son associé. Concrètement, les lunettes imaginées par 3DSG identifieront les obstacles pour les traduire en son avec différentes mélodies, complétées, si nécessaire, par des voix descriptives. Le système identifiera par exemple les obstacles comme un arrêt de bus. Grâce à l’IA, il comprendra qu’il doit ensuite poursuivre en accompagnant l’utilisateur dans sa montée dans le bus puis, le guidera jusqu’à une place libre. « On pourra généraliser à d’autres usages avec des schémas fonctionnels qui vont s’imposer », insiste Yassir Bouiry. L’objectif est que la personne non-voyante profite d’un service sans avoir à le solliciter constamment par le biais de lunettes non stigmatisantes. « Nous collaborons avec un lunettier du Jura pour élaborer un design qui garantira l’utilisation du produit final. »
Un oeil neuf sur l’innovation
Pour mettre son innovation sur le marché d’ici 2029 ou 2030, la start-up s’est entourée de l’expertise de DECA BFC depuis juillet 2024. « C’était un cheminement naturel pour nos technologies en sortie de laboratoire afin de nous structurer. C’est un vrai soutien complété par des formations. » Yassir Bouiry met également en avant le suivi constant de Deca-BFC, sa capacité à ouvrir des portes et à renforcer la crédibilité des porteurs de projet et de leur solution. « Nous avons les connaissances, les usages mais l’incubateur nous apporte de la maturité, un regard sur la partie business, le marché, les financements, l’organisation, le réseau … ». Conscients que sans ce soutien du quotidien leur projet aurait été plus dur et plus long à mener, les deux associés reconnaissent aussi qu’ils auraient pu se décourager. Mais au contraire, 3DSG poursuit aujourd’hui son développement et envisage d’étoffer son équipe dans les 12 mois à venir pour s’adjoindre des compétences complémentaires. Pour l’heure, les deux associés réalisent les tests préalables nécessaires avec l’aide de déficients visuels. « On met la personne au centre de la démarche pour que notre innovation soit adaptée et inclusive. »