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Bilans 2025 et perspectives 2026 des entreprises de la région

Vendredi 6 février, Laurent Fraisse, directeur de la Banque de France en Bourgogne-Franche-Comté, a dévoilé, dans l’amphithéâtre de la Burgundy School of Business à Dijon, les résultats de l’étude annuelle « Entreprises en région : bilan 2025 et perspectives 2026 »

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Vendredi 6 février, Laurent Fraisse, directeur de la Banque de France en Bourgogne-Franche-Comté, a dévoilé, dans l’amphithéâtre de la Burgundy School of Business à Dijon, les résultats de l’étude annuelle « Entreprises en région : bilan 2025 et perspectives 2026 ». Menée auprès de 1.339 entreprises, cette enquête offre un éclairage important sur la santé économique régionale, marquée par des contrastes sectoriels et des défis persistants, mais aussi par quelques signes encourageants pour cette année.

Un bilan 2025 en demi-teinte : l’industrie, secteur en difficulté

Les entreprises interrogées appartenant au secteur industriel font état d’une nouvelle baisse de leurs chiffres d’affaires de 2,1 % en 2025 après un repli de même ampleur en 2024. Seule l’industrie agroalimentaire résiste avec une croissance de 0,9 %. À l’inverse, les fabricants d’équipements (-1,1 %), de matériels de transport (-2,8 %) et des autres produits industriels (en bois, métaux ou plastiques, -3,2 %), qui pèsent en termes d’emplois dans la région, subissent des reculs encore plus marqués. La filière automobile accuse un recul de son chiffre d’affaires de 3,2 %. L’export, traditionnellement moteur, n’a pas joué son rôle : les ventes à l’international reculent de 2,3 %, à l’exception des produits en bois et plastique. Conséquence directe : les effectifs industriels diminuent légèrement (-0,2 %).

Services marchands : un secteur résilient

Les services marchands, en léger repli en termes de chiffre d’affaires (-0,4 %), affichent des disparités. Les chiffres d’affaires dans l’ingénierie, les activités juridiques, comptables et de conseil progressent de 3,2 %, tirant vers le haut les effectifs du secteur (+1,2 %). Une hausse qui contraste avec une demande qui demeure atone.

Construction : pénurie de main-d’œuvre et ralentissement

La production dans la construction recule en volume de 1,1 %, mais les effectifs des entreprises de construction restent orientés à la hausse de 2,0 %, notamment en convertissant des intérimaires en CDI afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Un paradoxe qui reflète les tensions persistantes sur le marché du travail. Le secteur subit une détérioration de ses délais de paiement.

Investissements en berne

2025 marque un creux significatif pour les investissements : -14 % dans l’industrie, -37 % dans les services, -17 % dans la construction. Un signal inquiétant, mais que les entreprises expliquent par l’imprévisibilité actuelle tant nationale qu’internationale. Globalement, sur les trois grands secteurs, les performances de la région Bourgogne Franche-Comté sont proches de celles observées chez nos voisins du Grand-Est, mais se situent en deçà de celles observées dans les autres régions.

2026 : des perspectives de rebond

-  Redémarrage industriel et export : Les industriels anticipent une reprise de l’activité portée par des montées en cadence dans la construction de matériel ferroviaire et de machines agricoles, ainsi que par de nouveaux contrats dans l’énergie. En revanche, cette reprise ne profiterait pas à la filière automobile. L’export devrait bénéficier d’une conjoncture internationale plus favorable.
-  Services : Optimisme prudent : Les services marchands, dopés par la demande en conseil et ingénierie, devraient retrouver la croissance.
-  Construction : Dans la construction, les carnets de commandes restent insuffisants, laissant présager un tassement prolongé de l’activité et un ajustement à la baisse des effectifs.
-  Investissements : le retour de la confiance ? Les entreprises annoncent un redémarrage des investissements en 2026 après un retrait marqué en 2025, notamment dans les secteurs porteurs. Une dynamique qui dépendra cependant de la stabilité macroéconomique et de la mise en œuvre des réformes structurelles.

Laurent Fraisse a rappelé les enjeux majeurs pour la France : ramener le déficit public à 3 % d’ici 2029, réduire l’écart de taux avec ses partenaires européens, et accélérer l’intégration du marché unique. Il a également plaidé pour une union européenne de l’épargne et de l’investissement, ainsi que pour une innovation accrue dans les paiements, sans dérégulation excessive.