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Négociations salariales : le bilan à la veille du conflit au Moyen-Orient

Économie. Après le choc inflationniste de 2021‑2022, les négociations salariales conduites entre mi-2023 et début 2026 ont progressivement permis un rattrapage des pertes de pouvoir d’achat.

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Après le choc inflationniste de 2021‑2022, les négociations salariales conduites entre mi-2023 et début 2026 ont progressivement permis un rattrapage des pertes de pouvoir d’achat. Depuis mi‑2023, les hausses de salaires négociées ont globalement compensé la hausse des prix. Les accords signés entre fin 2025 et début 2026 ont marqué une phase de normalisation de la dynamique salariale, avant le déclenchement du conflit au Moyen‑Orient.

La Banque de France a publié un état des lieux des négociations annuelles obligatoires (NAO) de 2026 à partir des informations issues de plus de 150 accords de branche conclus fin 2025‑début 2026, couvrant plus de 8,5 millions de salariés (soit environ 60% des salariés couverts par une convention collective), et d’environ 1 700 accords d’entreprise représentant près de 700 000 salariés du secteur marchand. Ces négociations, menées habituellement entre octobre et mars pour l’essentiel, fixent les minima salariaux au niveau des branches et les hausses de salaire de base au niveau des entreprises.

Si la transmission aux salaires du regain d’inflation apparu fin 2021 s’est opérée avec retard jusqu’en 2023, la période 2023‑2025 a permis un rattrapage global du pouvoir d’achat. Entre décembre 2020 et février 2026, les minima de branche ont ainsi progressé en moyenne de près de 16 %, soit davantage que l’indice des prix à la consommation (+15 %), sous l’effet notamment des revalorisations successives du SMIC. Les salaires négociés en entreprise, moins sensibles au SMIC, ont connu un rattrapage plus graduel.

Début 2026, avant le début du conflit entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Iran, la dynamique s’est normalisée. Les minima de branche augmentent en moyenne de 1 % sur un an, contre 1,8 % un an plus tôt. Ce ralentissement tient à une normalisation de la fréquence des accords et à une inflation faible fin 2025. Un peu plus d’un tiers des branches n’ont ainsi pas revalorisé leurs minima depuis au moins un an. Dans les branches ayant conclu un accord, la hausse moyenne atteint 1,5 %, en lien avec une inflation inférieure à 1 % et une revalorisation modérée du SMIC (+1,2 % en janvier 2026).

Léger repli

Au niveau des entreprises, les accords signés dans le cadre des NAO pour 2026 prévoient une hausse moyenne des salaires de base de 1,6 %, en léger repli par rapport à 2024 et 2025. La part des augmentations générales retombe à environ 50 % début 2026, inférieure au niveau moyen d’avant 2021, contre près de 80 % en 2022-2023, laissant davantage de place aux augmentations individuelles. Les dispositifs de partage de la valeur restent limités : seuls 12 % des accords, en 2025, mentionnent une prime de partage de la valeur.