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Maxence Coly

Savoir prendre l’air

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Maxence Coly
Maxence Coly passe la moitié de l’année en France et vole en Australie pendant l’hiver. Crédit : Maxence Coly.

À bientôt 25 ans, Maxence Coly comptabilise déjà plus de 650 heures de vol en montgolfière. Si l’idée de devenir pilote et travailler dans les airs l’a toujours attiré, plus jeune, il ne s’imaginait pas que ce serait à bord d’un ballon qu’il réaliserait son rêve. Originaire de Blois, passionné d’aéronautique, dès le collège Maxence Coly passe son brevet d’initiation à l’aéronautique en suivant une formation théorique chaque mercredi pendant six mois. « Je savais que ça me permettrait d’enchaîner sur une licence de pilote d’avion plus tard. »

À la moindre occasion, il s’arrange pour visiter le cockpit des avions ou pour les observer. Il a 17 ans quand il saisit l’opportunité qui lui est donnée de faire son premier vol en montgolfière mais attendra ensuite un an avant de recommencer en participant à son premier rassemblement à Chambley, en Lorraine. Le lieu, bien connu des amateurs, réunit près de 500 montgolfières. Un an plus tard, sur le même évènement, il est initié au pilotage d’une montgolfière par un membre de l’équipe Aerocom venue dans son Loir-et-Cher natal. « C’est là que j’ai eu le déclic. J’ai tout de suite adoré et voulu faire ça. J’aime voler en avion mais piloter une montgolfière me procure plus de sensations car on n’a pas le même contrôle, on vole au gré du vent, c’est plus technique pour trouver sa direction et réussir à se poser. »

En 2020, il obtient son bac et enchaîne avec un BTS négociation, digitalisation et relation clients à Tours. L’été précédant sa rentrée, il apprend qu’Aerocom recherche un conducteur pour suivre les montgolfières au sol afin de ramener pilote, passagers et matériel. Une mission qu’il remplit en s’appuyant aussi bien sur les technologies GPS que sur son œil pour trouver le bon itinéraire afin de rejoindre le ballon. « Je cherchais une alternance pour mon BTS donc j’ai demandé à Aerocom qui a accepté de me prendre. »

En parallèle de son cursus, le jeune homme débute, en août 2020, sa formation de pilote de montgolfière au sein de son entreprise. Entre la gestion des plannings, des clients et les relations avec les partenaires, il continue à suivre les ballons en voiture contre les indispensables heures de vol à l’obtention de son diplôme de pilote. « Il faut 16 heures de vol en double commande avec un instructeur et passer neuf examens théoriques de l’aviation civile ainsi qu’une visite médicale. » Alors que la France est confinée, il profite de cette période pour engranger des heures dans les airs et obtient sa licence de pilote le 21 novembre 2020. « C’est la même date que le premier vol habité des frères Montgolfier », sourit Maxence Coly. Ce permis de voler ne l’autorise toutefois qu’à réaliser des vols privés puisqu’il lui faut 50 heures de vol supplémentaires pour opérer des vols commerciaux. « Même 50 heures, ce n’est pas assez. J’ai eu la chance d’être dans une entreprise qui m’a suivi et permis de progresser. » Au bout de 70 heures de vol, il réalise son premier vol commercial le 25 avril 2023.

De Sydney à Beaune

À l’issue de son alternance, son BTS en poche, Maxence Coly débute sa carrière dans l’entreprise qui l’a accompagné avant d’opter pour le statut d’autoentrepreneur. « Ça me permet de travailler pour l’entreprise en France pendant la saison et de partir voler là où la météo le permet pendant l’hiver. » Entre Marrakech et Sydney, il engrange des heures dans les nuages et obtient l’équivalent à sa licence de pilote en Australie.

Fidèle à son entreprise depuis ses débuts, quand Aerocom rachète le fonds de commerce à Beaune suite au départ en retraite de l’ancien propriétaire, c’est à lui qu’elle confie la gestion du nouveau site. L’entreprise qui compte 15 montgolfières en a déployé trois à Beaune depuis avril 2026. « L’entreprise compte quatre salariés à temps complet mais s’appuie sur une vingtaine de personnes pendant la haute saison qui court d’avril à octobre », précise le pilote.

Pour faire vivre l’expérience des airs à ses clients, Aerocom, par l’intermédiaire de Maxence Coly, profite de dix sites de décollage en fonction des vents, mis à disposition par des agriculteurs du territoire notamment. « Nous pouvons par exemple décoller du Château de Savigny-lès-Beaune. On vole en général pendant une heure mais nous invitons nos clients à découvrir les préparatifs s’ils le souhaitent. » Les vignes, les Hospices de Beaune, la plaine de la Saône… Autant de paysages que Maxence Coly voit régulièrement du ciel avant de mettre un soin particulier aux atterrissages. « Même si la loi nous autorise à nous poser n’importe où, on ne se pose jamais dans les vignes ni dans un champ en culture pour ne pas faire de dégâts. Les montgolfières ont parfois mauvaise réputation. Nous ne sommes pas à l’abri d’une urgence mais à nous alors d’entrer en contact avec l’agriculteur pour assumer. » Conscient de ses différentes responsabilités, tant vis-à-vis de ses passagers que de son environnement, le pilote rappelle qu’il est plus risqué de prendre la voiture que la montgolfière.

Maxence Coly ne s’imagine pas faire un autre métier dans les prochaines années, bien qu’il n’exclue pas, un jour, de voler en ULM pour faire plus vite les trajets entre Beaune et le Loir-et-Cher. Pour l’heure, il s’adonne au vol aussi bien pendant ses heures de travail que sur son temps libre. « C’est un milieu de niche où on se retrouve avec les copains », reconnaît-il. La France compte en effet un peu moins de 1 000 pilotes de montgolfière.

Certains, comme Maxence Coly, participent au championnat de France de la discipline. Depuis trois ans, le jeune homme progresse dans les classements jusqu’à avoir fini sixième l’an dernier. « Je suis un compétiteur dans l’âme, je recommence cette année et je me suis qualifié au sein de l’équipe de France pour aller au championnat du monde en Pologne en septembre prochain », se réjouit-il. Pendant les quelques jours de compétition, les pilotes doivent faire preuve de précision, de stratégie et montrer leur talent à manier un ballon. « Mon patron, Federico Miceli, est aussi devenu mon ami et mon coach. Quatre fois champion d’Italie, il compte 4 500 heures de vol. Il me suit, me conseille et m’épaule. » Avec son aide, Maxence Coly vise toujours plus haut, en France, en Pologne ou en Australie.