Des bacs à sable beaunois au lycée du Clos Maire, Pierre Bolze a passé son enfance dans la capitale des vins de Bourgogne. Dès son plus jeune âge, le Beaunois s’est impliqué au service des autres. « J’ai été délégué de classe au collège et au lycée. Je voulais faire avancer les choses », se souvient Pierre Bolze en ajustant ses lunettes. Le droit s’inscrit comme une autre constante dans son parcours. Lui qui s’imaginait déjà juge quand il n’était encore qu’au début de ses études secondaires, intégrera logiquement la faculté de droit de Dijon en 1995. Il ne cessera alors plus de mener parallèlement les parcours politique et juridique. « Je me suis toujours intéressé aux campagnes locales et nationales. En 1994, Michèle Alliot-Marie est venue en visite à Beaune. J’ai pu assister à cette réunion et ça a été un déclencheur. »
Au cours de sa première année de fac, alors âgé de 18 ans, Pierre Bolze s’engage dans sa première campagne. « J’ai suivi Alain Suguenot pour les municipales de 1995. Il a gagné mais j’étais en fin de liste, en position non éligible. Cette même année, je m’implique au RPR avec d’autres jeunes. » Deux ans plus tard, c’est à l’université qu’il s’applique à créer un syndicat. L’étudiant en droit poursuit ensuite son cursus à Besançon en intégrant une prépa aux carrières judiciaires et enchaîne avec un troisième cycle de sciences criminelles à Nancy pendant un an. Sorti major de promo, il continue son parcours par un doctorat avec l’ambition de devenir enseignant-chercheur. « À cette époque, je renonce à la magistrature par intérêt pour la chose politique. Les deux n’étaient pas conciliables. » Après près de huit ans passés à Nancy, Pierre Bolze en repart docteur en droit privé et sciences criminelles. Il s’inscrit alors à l’école des avocats du barreau de Paris où il reste pendant un an et demi. « Je réussis le CAPA et je deviens alors avocat. Je prête serment en janvier 2013 », précise-t-il, toujours souriant.
Concilier politique et juridique
Après Besançon, Nancy ou encore Paris, Pierre Bolze préfère intégrer un cabinet beaunois. Il y collabore plusieurs années, faisant ses preuves jusqu’à devenir l’un des associés de SCP Bergeret et associés. « C’est un cabinet généraliste. Nous traitons aussi bien le droit de la famille, le droit du travail, le droit civique ou encore les successions. Je m’occupe de ces sujets mais j’ai une forte orientation en droit du travail », détaille Pierre Bolze, désormais rattaché au barreau de Dijon.
Parallèlement à sa vie d’avocat, Pierre Bolze développe son goût pour la vie politique. En 2001, il suit à nouveau Alain Suguenot, devient conseiller municipal et se voit confier la délégation sur la réglementation. « Il y avait une certaine logique avec mon parcours juridique. La réglementation est partout, c’est un sujet transversal. Toute mise en musique d’une politique demande cette vision globale. » En 2004, il rencontre Jean-Pierre Soisson, candidat à sa réélection au conseil régional et devient élu de l’opposition. « Cette période m’a permis de me former à la gestion locale, au fonctionnement d’une collectivité, à la politique autant qu’à l’administration. » En 2008, réélu à Beaune, il devient adjoint au maire, conserve la compétence réglementation et y ajoute la politique de la ville. Sa carrière se poursuit quand il est réélu conseiller régional en 2010 et adjoint au maire de Beaune en 2014.
Choisir d’autres voies
Après les élections municipales de 2020, le début du mandat se fait dans un contexte de crise sanitaire que Pierre Bolze saisit à bras le corps. « J’ai ainsi lancé le centre de vaccination beaunois que l’on a mis en place en une journée. » En 2021, il quitte sa fonction de conseiller régional pour candidater sur le canton de Beaune aux élections départementales dans la liste de François Sauvadet. Élu, il devient alors vice-président en charge de la vie associative.
« Nous avons fait une campagne d’écoute et de dialogue, donc nous voulons un mandat placé sous les mêmes signes aussi bien avec les équipes que les habitants. »
À Beaune, bien que la campagne ait été axée sur le thème de la transmission par Alain Suguenot, Pierre Bolze a le sentiment d’un certain éloignement entre le maire, son équipe, mais aussi les préoccupations des habitants. « Un fossé s’est creusé avec Alain Suguenot et nous a conduits à créer le laboratoire d’idées. Cette démarche de proximité visait à retrouver le contact avec les habitants. On a fini par devenir majoritaire à la mairie. » Un positionnement qui amène Pierre Bolze à mener sa propre liste aux élections municipales beaunoises de mars dernier et à les remporter au premier tour, sans appel. « Nous avions des indicateurs favorables mais l’ampleur a été une surprise », reconnaît le nouveau maire.
Une nouvelle ère pour Beaune
Le nouvel édile tente de rompre avec les méthodes de son prédécesseur en associant les élus beaunois et de l’agglomération dans les décisions par l’intermédiaire de réunions hebdomadaires. « Nous avons fait une campagne d’écoute et de dialogue, donc nous voulons un mandat placé sous les mêmes signes aussi bien avec les équipes que les habitants. » Depuis cinq mois, stabilo en main et programme électoral constamment sur son bureau, Pierre Bolze surligne chacun des engagements qu’il a tenus. « Être maire, c’est être utile, être dans l’action pour faciliter la vie des habitants du territoire. Nous évoluons dans un environnement complexe mais on peut participer à la société de demain. » Parmi les projets qu’il entend réaliser désormais, le maire de Beaune mentionne la mutuelle communale pour les habitants volontaires ou encore un groupement d’achat pour l’énergie. Prenant un peu de recul avec son métier d’avocat pour se consacrer à sa nouvelle fonction, cet épicurien essaie de se ménager un peu de temps : pour la musique, que ce saxophoniste affectionne ; mais aussi pour la lecture et la gastronomie. « C’est difficile de dire non », reconnaît-il quand on lui parle des spécialités locales.